Trump veut couper Claude Fable 5 pour les étrangers – Anthropic coupe tout – Korben

Le 9 juin dernier, la filiale d’Anthropic, qui développe des intelligences artificielles avancées, lançait ses deux modèles phares : Claude Fable 5 et Claude Mythos 5. Trois jours seulement après leur mise en ligne, ces modèles ont été brutalement désactivés suite à une intervention du gouvernement américain, illustrant la fragilité et l’impact politique de ces technologies dans un contexte de régulation stricte.

Ce revirement spectaculaire résulte d’un événement inédit : un jailbreak réussi sur Mythos 5, qui permettait de contourner ses garde-fous de sécurité. Ce contournement, détecté par une entreprise cliente et remonté aux autorités, a provoqué une réaction immédiate du département du commerce américain. Howard Lutnick, le secrétaire au commerce, a ordonné que ces deux modèles soient classés sous le régime du contrôle des exportations, une classification réservée à des technologies sensibles comme celles des industries militaires ou stratégiques.

Cela signifie que ces IA ne peuvent plus être accessibles à aucun utilisateur étranger, y compris non-américain, ni pour les partenaires autres qu’aux États-Unis, la fin de la possibilité d’utiliser ces modèles dans le cloud sans restrictions.

Face à cette décision, Anthropic a décidé de couper l’accès à ses modèles pour toute sa clientèle mondiale, expliquant qu’il leur était impossible de filtrer en temps réel les usagers selon leur nationalité. Plutôt que de tenter de mettre en place un filtre pratique et rapide, la société a préféré couper complètement le service, ce qui soulève des questions importantes sur la dépendance des IA hébergées dans le cloud à des décisions gouvernementales, sans contrôle direct des entreprises développeuses.

Ce contexte met en exergue la vulnérabilité des systèmes d’IA modernes face au pouvoir politique et réglementaire. La suppression soudaine de ces technologies témoigne de l’incertitude qui plane sur leur avenir, surtout lorsque leur infrastructure repose sur des serveurs tiers. Pour Anthropic, l’épisode souligne aussi la difficulté de concilier innovation, sécurité et conformité dans un environnement où l’intervention réglementaire peut couper net tout un écosystème numérique.

En conclusion, cet épisode illustre la vaste problématique de contrôlabilité et de souveraineté des intelligences artificielles dans un système globalisé. La dépendance à des serveurs extérieurs, couplée à une réglementation changeante, dévoile un risque majeur : celui de voir des outils puissants disparaître du jour au lendemain, sans véritable transparence ni possibilité pour leurs créateurs d’en maîtriser le processus.

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