Les Mexicains travaillent 48 heures par semaine, ont un seul jour de repos et 12 jours de congés par an : le pays qui travaille le plus dans l’OCDE va passer à la semaine de 40 heures (ce qui pourrait doper sa très faible productivité)

Selon des images prises à Mexico en juillet 2025, un employé range des caisses de tomates dans un entrepôt du marché aux légumes, illustrant le quotidien souvent harassant des travailleurs mexicains. Avec près de 2.200 heures travaillées par an et par personne, le Mexique détient le record en Ocde pour la durée de travail la plus longue, bien au-delà de la moyenne des pays membres, qui se situe autour de 1.700 heures.

Face à cette réalité, le Parlement mexicain a adopté une loi visant à réduire progressivement le temps de travail hebdomadaire de 48 à 40 heures d’ici 2030, sans perte de salaire. La réduction sera effectuée à raison de deux heures par an, permettant aux salariés d’arriver à une semaine de travail de 40 heures à l’horizon 2030, avec une transition équilibrée entre vie professionnelle et vie personnelle.

Cette réforme constitue une opportunité pour repenser la productivité et la gestion du travail, plutôt qu’une simple concession sociale.

Malgré cette avancée, de nombreux défis subsistent. En effet, 55% des travailleurs mexicains évoluent dans le secteur informel, où ils ne bénéficieront pas forcément de cette réduction du temps de travail, en raison de leur statut souvent précaire et de l’absence de contrats officiels. Les opposants craignent également que la loi ne permette jusqu’à 16 heures supplémentaires rémunérées à tarif majoré, ce qui pourrait limiter l’efficacité de la réforme.

Les critiques soulignent aussi le besoin de garantir au moins deux jours de repos consécutifs par semaine, afin de permettre aux employés de se consacrer pleinement à leur vie personnelle et familiale. Selon Clemente Castañeda, membre du mouvement centro-gauche, un seul jour de repos ne répond pas aux besoins réels des travailleurs mexicains.

Étant donné ce contexte, certaines entreprises craignent une augmentation des coûts salariaux pouvant aller jusqu’à 25%. Cependant, cette réduction du temps de travail pourrait aussi offrir des opportunités pour améliorer la productivité. L’OCDE souligne que travailler plus longtemps ne mène pas nécessairement à de meilleures performances économiques, et invite le secteur privé à repenser ses modes de gestion pour tirer parti de cette réforme.

Les experts recommandent en effet aux entreprises d’adopter de nouveaux modèles axés sur la performance et l’efficience, notamment par l’automatisation, la standardisation des tâches ou la réduction de la bureaucratie. En somme, cette initiative pourrait stimuler une réforme profonde du marché du travail mexicain, plus orientée vers la qualité et la durabilité, que vers la simple extension des heures de travail.

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