La France est en retard sur la transparence salariale : Marylise Léon réclame un projet de loi “au plus vite”, Jean-Pierre Farandou espère un texte voté avant la fin de l’année

Invitée de Good Morning Business ce vendredi 5 juin, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a vivement pressé les pouvoirs publics de présenter un texte de loi sur la transparence salariale dans les plus brefs délais, et avant la pause parlementaire estivale. Elle a insisté sur l’urgence de la situation, soulignant qu’en 2026, aucun écart salarial inexplicable ne devrait être toléré. La militante syndicale a également souligné que beaucoup de femmes, tant dans le secteur public que privé, ignorent encore l’ampleur de ces disparités, malgré une réduction d’un tiers depuis 1995.

De son côté, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a confirmé que le projet de loi serait transmis au Conseil d’État d’ici le dimanche prochain. Il a exprimé son espoir de voir le texte adopté par le Parlement « d’ici la fin de l’année », après une période de concertation prolongée avec les partenaires sociaux. Ce délai, selon lui, a été nécessaire pour associer les organisations professionnelles et syndicales à la réflexion, afin de bâtir un dispositif équilibré et efficace.

Toute différence de salaire doit être expliquée par des critères objectifs et non sexistes, afin de réduire durablement les inégalités.

L’un des aspects phares de cette nouvelle législation concerne le droit à l’information des salariés. Concrètement, chaque employé pourra demander à connaître la moyenne des salaires dans sa catégorie professionnelle, ventilée par sexe. L’objectif est de permettre à chacun de se situer par rapport à ses collègues effectuant un travail de valeur équivalente et d’identifier d’éventuels écarts injustifiés, qui devront alors s’appuyer sur des critères objectifs comme l’expérience, les compétences, ou la responsabilité.

Pourtant, cette avancée se heurte à la résistance du patronat, qui redoute une surcharge réglementaire. Le Medef a notamment dénoncé une « surtransposition » de la directive européenne, notamment en proposant d’abaisser le seuil de déclaration de 100 à 50 salariés, ce qui, selon lui, alourdirait considérablement la gestion des entreprises. La crainte générale porte aussi sur l’obligation d’afficher une fourchette de salaire, un aspect qui pourrait selon certains, compliquer voire rigidifier le processus d’embauche.

Dans ce contexte, la tension entre les ambitions en matière d’égalité et la retenue du secteur privé est palpable. Alors que la réglementation européenne impose un cadre précis, la France doit encore faire ses preuves dans la transposition effective de la directive, qui aurait dû être adoptée avant le 7 juin 2023. Le retard accumulé souligne une fois de plus les tensions entre la volonté politique d’avancer sur l’égalité salariale et la posture protectionniste adoptée par certains acteurs économiques.

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