Face à l’irrépressible déferlante d’appels commerciaux et d’arnaques téléphoniques, de nombreux utilisateurs se sentent impuissants et saturés. La frustration grandissante face à ces appels non sollicités a poussé un développeur toulousain à créer une solution innovante : Saracroche, une application gratuite et open source conçue pour limiter drastiquement ces nuisances.
Conçue pour fonctionner sur iOS et Android, Saracroche bloque environ 90 % des appels indésirables en utilisant une base locale de plus de 15 millions de numéros préchargés. Elle exploite notamment les préfixes ARCEP réservés au démarchage téléphonique pour bloquer en bloc ces appels légaux. En complément, l’application permet aux utilisateurs de signaler communautairement les arnaques qui usurpent des numéros ordinaires, telles que fausses banques ou faux colis, renforçant ainsi la protection collective.
Cette application gratuite, adoptée par 1 million de Français, arrive à un moment crucial alors que la loi anti-démarchage du 11 août interdit déjà le démarchage sans consentement, mais ne résout pas totalement le problème des arnaques.
Le fonctionnement de Saracroche est simple : après installation sur iOS ou Android (avec un build F-Droid en préparation), il suffit d’activer les permissions de blocage d’appels pour que l’app entre en action. Elle effectue la reconnaissance des appels entrants en se référant à sa base locale, permettant un blocage efficace sans nécessiter de connexion internet. En outre, la dimension communautaire permet aux utilisateurs de contribuer à l’identification des fraudes, augmentant l’efficacité du système.
La loi du 11 août visant à interdire le démarchage téléphonique sans consentement soulève toutefois des questions d’efficacité à long terme. Si cette réglementation doit réduire le démarchage légitime, les arnaqueurs usant de numéros usurpés ou de techniques plus sophistiquées restent difficiles à éradiquer. Saracroche, quant à elle, offre une réponse concrète et immédiate à ce problème.
Ce dernier souligne aussi que, malgré son apport considérable, le soutien financier des utilisateurs reste limité, avec seulement 0,5 % d’entre eux faisant un don, ce qui pose la question de la pérennité du projet.
