Au Royaume-Uni, les enfants contournent la vérification d’âge avec des fausses moustaches dessinées – Korben

Depuis l’entrée en vigueur de l’Online Safety Act, le Royaume-Uni a mis en place un système de vérification d’âge biométrique sur les plateformes en ligne accessibles aux mineurs, avec l’objectif de restreindre l’accès aux contenus inappropriés pour les jeunes. Ce dispositif prévoit notamment une estimation automatique de l’âge à partir d’un selfie, en utilisant la reconnaissance faciale pour déterminer si l’utilisateur est mineur ou non. Cependant, dans la pratique, ce système rencontre de grandes difficultés à empêcher le contournement par les enfants eux-mêmes.

Selon une étude menée par Internet Matters, près de 46 % des enfants britanniques considèrent les méthodes de vérification comme faciles à contourner, et un tiers d’entre eux ont déjà réussi à tricher pour accéder aux contenus interdits. Les techniques employées incluent des astuces variées : faussement entrer une date de naissance différente, utiliser un VPN pour masquer leur localisation, ou encore, de façon plus ingénieuse, envoyer une vidéo d’un visage appartenant à quelqu’un d’autre, ou même d’un personnage de jeu vidéo. La solution la plus insolite reste la customisation en dessinant une moustache au feutre sur leur propre visage pour tromper l’estimation d’âge par reconnaissance faciale.

Les enfants utilisent des méthodes très créatives pour contourner la vérification d’âge biométrique, mettant en évidence l’échec apparent du système à sécuriser réellement l’accès aux plateformes.

Côté plateformes, la tâche de faire respecter ces contrôles se révèle complexe. Malgré des amendes importantes prévues par la loi pour les services qui laisseraient passer ces contournements, le régulateur Ofcom peine à qualifier la responsabilité lorsqu’un utilisateur mineur triche ou lorsque les adultes exploitent ces failles, notamment en utilisant la session d’un enfant. La difficulté est accrue par le fait que la vérification biométrique implique la collecte et le traitement d’images du visage, soulevant des inquiétudes quant à la sécurité des données personnelles, notamment en cas de piratage. Plusieurs experts critiquent d’ailleurs ce paradoxe : en obligeant les enfants à transmettre leur visage pour mieux les protéger, on les expose en réalité à un risque accru de fuite de données biométriques sensibles.

En résumé, cette régulation, qui vise à protéger les mineurs, semble aussi créer de nouvelles vulnérabilités et illustrer l’échec potentiel de solutions techniques parfois excessivement dépendantes de la captation de données biométriques. La difficulté à faire respecter ces mesures montre qu’il est probablement nécessaire de revoir en profondeur la stratégie actuelle pour plus d’efficacité et de sécurité.

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