Face à un paradoxe persistant, les jeunes diplômés français peinent encore à s’insérer dans le marché du travail. Malgré un taux d’alphabétisation élevé et un nombre croissant de diplômés, la durée pour trouver un emploi reste plus longue qu’ailleurs en Europe, et la proportion de jeunes ni en étude, ni en emploi, ni en formation (les « NEET ») reste élevée, soulignent les analyses du ministère du Travail. Conscient de cette situation préoccupante, le gouvernement a présenté une nouvelle stratégie visant à améliorer l’insertion des jeunes dans un contexte marqué par une forte demande de compétences professionnelles.
Cette stratégie, dévoilée lors d’une conférence de presse jeudi, repose sur 15 mesures structurées en trois axes principaux : mieux orienter les jeunes en leur faisant découvrir les métiers qui recrutent, renforcer la proximité entre banques, écoles et entreprises, et anticiper les ruptures de parcours pour accompagner efficacement ceux qui en ont besoin. Le tout sans nécessiter d’évolutions législatives ou d’allocations supplémentaires, selon le ministère du Travail. Ces initiatives interviennent dans un contexte marqué par la tragédie d’un lycéen décédé lors d’un stage dans le secteur du BTP, illustrant l’urgence de redéfinir l’accompagnement des jeunes en entreprise.
L’objectif est de lutter contre le décalage entre niveaux de diplômes et insertion professionnelle, tout en valorisant les filières qui recrutent pour éviter des parcours sans débouchés.
Parmi les mesures phares, la création d’un « InserScore » vise à fournir un indicateur clair sur la pertinence des formations professionnelles, en tenant compte des taux d’emploi et des salaires médians des jeunes sortant de ces filières. Ce nouvel outil doit aider les jeunes à faire des choix éclairés et à privilégier des voies professionnelles porteuses de débouchés. Par ailleurs, le gouvernement veut favoriser l’accès à des formations courtes et professionnalisantes pour ceux qui ont interrompu leurs études ou leur contrat, via notamment les Préparations opérationnelles à l’emploi de France Travail.
De plus, le plan prévoit de valoriser les entreprises qui s’engagent à proposer des jobs étudiants de qualité, avec l’éventuelle signature d’une charte dédiée. Pour les jeunes en situation de vulnérabilité, telles que les jeunes sortant de l’Aide Sociale à l’Enfance ou en situation de handicap, le renforcement du mentorat, du parrainage et des stages est également une priorité. La stratégie insiste sur une concertation étroite avec les acteurs de terrain, notamment France Travail, les missions locales, et les réseaux des écoles de la seconde chance, pour élaborer des parcours adaptés aux territoires et aux secteurs en tension.
Si cette première phase peut se dérouler sans budget supplémentaire, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, annonce déjà que la jeunesse sera une priorité pour le financement de 2027. La volonté est claire : privilégier une politique proactive et structurante pour réduire durablement le nombre de jeunes « NEET » tout en valorisant les filières professionnelles qui recrutent.
