Le “CDII” devait permettre de sécuriser les intérimaires mais seuls 7% d’entre eux en bénéficient (il ne favorise pas tant que ça leur insertion)

Depuis sa création en 2013, le contrat à Durée Déterminée Intérimaire (CDII) avait pour ambition d’offrir une protection accrue aux travailleurs temporaires en leur garantissant un salaire minimum entre deux missions. Pourtant, une étude récente publiée par le service statistique du ministère du Travail montre que peu d’intérimaires ont réellement accès à ce dispositif, qui reste et demeure relativement marginal dans le paysage de l’emploi intérimaire.

Selon cette étude, en fin 2024, seulement 52 000 personnes, soit environ 7% de l’ensemble des intérimaires, bénéficierait du CDII. Ce contrat est signé entre une agence d’intérim et un salarié, qui continue d’effectuer des missions auprès d’entreprises utilisatrices tout en jouissant de droits similaires à ceux d’un salarié en CDI, tels qu’une rémunération minimale garantie et des congés payés. Cependant, son impact réel sur la stabilité professionnelle semble limité, puisqu’il n’améliore que faiblement la probabilité de décrocher un emploi stable à long terme.

L’étude indique que le contrat ne favorise en réalité que les intérimaires déjà bien insérés sur le marché du travail, sans significativement changer leur parcours vers un emploi en CDI.

Les données révèlent que les titulaires de CDII ont un profil particulier : ils exercent plus fréquemment des métiers industriels, disposent généralement d’une expérience plus longue en intérim et ont souvent effectué des missions plus longues que la moyenne. Cependant, malgré ces caractéristiques, leur chance d’accéder à un CDI trois ans après la signature de leur contrat ne dépasse que de 6% celle d’un groupe comparable d’intérimaires. Cela conforte l’idée que le CDII, bien qu’édicte comme une avancée, n’est que peu impactant pour favoriser une insertion durable.

En ce qui concerne la rémunération future de ces salariés, l’étude souligne l’incertitude quant à l’effet du dispositif. Rien ne montre clairement que le CDII leur permet de décrocher des emplois mieux rémunérés ou de progresser vers une stabilité professionnelle à long terme. La conclusion est donc mitigée : si le contrat offre des garanties, ses effets concrets sur l’insertion et la rémunération restent faibles, surtout pour ceux qui ne sont pas déjà proches du marché du travail.

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