Le système de gestion de version Git, incontournable dans le monde du développement logiciel, amorce une transition majeure en intégrant le langage Rust par défaut à partir de sa version 2.55. Jusqu’à présent, l’utilisation de Rust dans Git nécessitait une demande explicite lors de la compilation, via l’option WITH_RUST ou le système de build Meson. Avec cette nouvelle version, Rust devient la configuration par défaut, ce qui témoigne d’une volonté claire d’éliminer progressivement la dépendance au langage C, utilisé depuis 2005 pour coder le gestionnaire de versions.
Ce changement s’inscrit dans un plan plus ambitieux visant à faire de Rust le socle principal de Git. À partir de Git 3.0, Rust sera devenu obligatoire, sans option de désactivation. Ce progrès vise à renforcer la sécurité et la stabilité du logiciel, en s’appuyant sur la conception de Rust, un langage conçu pour éradiquer une famille entière de bugs mémoire souvent exploités par des pirates depuis plusieurs décennies. Le projet prévoit déjà le portage du moteur xdiff, essentiel dans le calcul des différences entre fichiers, afin de s’aligner avec cette nouvelle architecture.
La transition vers Rust dans Git reflète une volonté de moderniser un outil classique tout en répondant aux enjeux de sécurité et de fiabilité du code.
Ce lancement s’accompagne de défis techniques, notamment sur des plateformes peu courantes comme les serveurs NonStop de HPE ou certains vieux Unix, où Rust n’est pas encore supporté. Le projet reste confié aux progrès de gccrs, le support Rust en cours d’intégration dans le compilateur GNU, pour assurer une compatibilité plus large avant l’implémentation définitive. Par ailleurs, la majorité des utilisateurs ne percevront pas immédiatement ces changements : les binaires fournis par les distributions Linux, Apple ou GitHub intégrent déjà Rust, mais certains systèmes moins courants devront s’adapter en installant la chaîne d’outils appropriée.
