Une étude innovante du Forum vies mobiles propose une solution audacieuse pour lisser le problème des trajets quotidiens : la mise en place d’un “mercato des postes”. L’idée consiste à permettre à deux employés exerçant la même profession d’échanger leur poste afin de réduire leur temps de déplacement domicile-travail. Selon les chercheurs, près de 13% des salariés enFrance pourraient bénéficier de cette initiative, en économisant plus de 30 minutes par jour, soit une journée de temps libre par mois, tout en réalisant une économie annuelle d’environ 1 500 euros en frais de carburant.
Pour illustrer cette proposition, l’exemple de Paul et Julie est cité : Paul habite Lille et travaille à Lens, tandis que Julie réside à Lens et exerce à Lille. Si ces deux professionnels échangeaient de poste, ils pourraient chacun économiser considérablement leur temps de trajet. Cette idée, à la fois simple et potentiellement révolutionnaire, a été explorée par une équipe pluridisciplinaire composée d’un sociologue, d’un professeur en droit social et de deux entrepreneurs. Leur objectif est d’évaluer la faisabilité juridique et pratique de ce concept, qui pourrait s’avérer facilement mobilisable, sans nécessité de déménagement ni de création d’infrastructures nouvelles.
Ce dispositif pourrait transformer la mobilité des salariés tout en réduisant significativement l’impact environnemental et sociétal de leurs déplacements.
Dans un contexte marqué par une flambée des prix du carburant et une crise énergétique, cette initiative apparaît comme une solution pragmatique pour réduire les coûts liés aux déplacements professionnels. En additionnant les économies d’argent et de temps, cette politique pourrait bénéficier à près de 4 millions d’actifs, représentant environ 13% de la population active. Ceux-ci pourraient réduire leur trajet de moitié, traduisant une économie de 1 500 euros annuels par salarié et une meilleure qualité de vie, tout en allégeant les voies de circulation congestionnées aux heures de pointe.
Le mécanisme envisagé repose sur une plateforme numérique, comparable à une application de rencontre, baptisée le “Tinder des postes”. Les salariés intéressés s’y inscriraient pour être mis en relation avec d’autres collègues exerçant dans des zones ou des horaires compatibles. La plateforme permettrait aux utilisateurs de spécifier leurs critères : métier, localisation, horaires, rémunération, etc., et de dialoguer dans un espace sécurisé, facilitant ainsi la mise en relation et l’échange de postes. L’employeur pourrait refuser un échange dans certains cas, notamment si le salarié a récemment été embauché, s’il occupe des responsabilités particulières ou s’il est en cours de procédure de licenciement. La législation pourrait préciser les modalités de ces refus, comme le délai de réponse ou la rétractation du salarié, pour garantir la légalité du dispositif.
