Ce lundi, Microsoft et OpenAI ont annoncé avoir finalisé une nouvelle renegociation de leur partenariat, mettant fin à une période d’incertitude liée aux accords avec Amazon. Malgré certains avis sur X qui évoquaient une victoire de ChatGPT sur le géant Windows, les deux entreprises ont chacune tiré des bénéfices de cette nouvelle entente. La modification principale concerne la gestion des droits d’accès et l’élimination d’un obstacle juridique majeur pour OpenAI.
En effet, la nouvelle convention prévoit que Microsoft détient désormais une licence non-exclusive sur la propriété intellectuelle d’OpenAI jusqu’en 2032, ce qui met fin à l’exclusivité précédente et réduit le risque de contentieux. La société de Redmond demeure le « principal partenaire cloud » d’OpenAI, assurant principalement l’hébergement sur Azure pour la durée de ce contrat, tout en permettant à OpenAI de développer ses propres data centers avec d’autres partenaires. En octobre, OpenAI s’est également engagée à acheter pour 250 milliards de dollars de services cloud à Microsoft, renforçant ainsi leur collaboration tout en affirmant ouvrir ses produits à tous les fournisseurs cloud.
La nouvelle entente met fin au risque juridique et ouvre la voie à une concurrence saine tout en consolidant la relation entre OpenAI et Microsoft.
Ce qui est crucial dans cette mise à jour, c’est que cela répond à l’enjeu juridique soulevé par le partenariat d’OpenAI avec Amazon. En février dernier, OpenAI annonçait un investissement massif d’Amazon, pouvant atteindre 50 milliards de dollars, en échange d’un accord pour co-développer une technologie appelée « runtime à états » sur AWS Bedrock. Par ailleurs, AWS aurait obtenu des droits exclusifs pour certaines offres telles que Frontier, fournissant à OpenAI une position stratégique sur plusieurs fronts. La difficulté résidait dans l’accord initial avec Microsoft, qui interdisait à OpenAI de vendre Frontier exclusivement sur AWS, ce qui aurait pu poser problème avec le contrat de Microsoft, craignant une perte de contrôle sur ses investissements.
En réponse, la nouvelle entente clarifie la situation en permettant à OpenAI de commercialiser ses produits sur toutes les plateformes cloud, y compris AWS, tout en offrant à Microsoft un accès non-exclusif. Microsoft conserve toutefois ses droits sur les API stateless, ses produits principaux, et détruit la menace d’un litige massif, que la presse avait évoqué en cas de contentieux potentiel. Selon Amazon, cette décision favorable garantit la disponibilité des modèles OpenAI sur AWS Bedrock, renforçant ainsi la compétition entre fournisseurs cloud et offrant davantage de choix aux entreprises clientes.
Les entreprises bénéficient désormais d’une plus grande liberté dans le choix de leurs modèles d’IA et de leur fournisseur cloud, dans une compétition qui profite à l’innovation.
Pour Microsoft, ce nouvel accord comporte également des avantages financiers non négligeables. La société peut arrêter de verser une part de revenus à OpenAI, tout en continuant à en recevoir jusqu’en 2030, avec un plafond de revenus précis. En poursuivant sa participation à hauteur de 27% dans OpenAI, Microsoft conserve une rentabilité directe sur la croissance de l’entreprise et ses déploiements, y compris ceux menés sur AWS. Cependant, cette stratégie signifie aussi qu’elle perd l’opportunité de maximiser ses ventes de services cloud en étant l’unique hébergeur d’OpenAI.
Ce contexte s’inscrit dans une dynamique plus large de la bataille pour le leadership dans l’intelligence artificielle, où les géants technologiques rivalisent dans une course à l’innovation et aux parts de marché. OpenAI, en s’ouvrant à toutes les plateformes cloud, adopte une stratégie plus ouverte, profitant de la concurrence pour accélérer l’adoption de ses modèles, tandis que Microsoft consolide ses investissements et sa position stratégique, même en abandonnant certains exclusivismes précédents.
