Le groupe belge Ziegler, acteur historique du transport routier, fait face à une crise majeure qui pourrait entraîner sa disparition en France. Sa filiale française, forte de 1 400 salariés répartis dans 58 agences, a été placée en redressement judiciaire début mars, récemment confirmée par le tribunal de Commerce de Lille. Si aucune solution de reprise n’est trouvée d’ici la fin du processus, cela pourrait signifier la liquidation pure et simple de cette entreprise créée il y a plus de 120 ans, marquant la fin d’une institution du secteur.
Le gouvernement français, conscient de la gravité de la situation, a rapidement réagi en recherchant activement des repreneurs pour les sites industriels et logistiques du groupe. Lors de questions à l’Assemblée, le ministre de l’Économie Roland Lescure a indiqué que la priorité était de trouver des candidats solides susceptibles d’assurer la pérennité des emplois et de permettre une relance du groupe. La révision de la situation par le tribunal de Lille est prévue pour le 31 mars, et une décision devrait intervenir rapidement sur l’avenir des activités françaises.
Selon les observations, si aucun repreneur n’émerge, l’entreprise, désormais quasiment à l’arrêt, sera liquidée et ses employés devront faire face à une incertitude totale.
Créée en 1908, Ziegler a connu des difficultés financières ces derniers mois, ses résultats affichant une perte de plus de six millions d’euros en 2025, contre un excédent de 10 millions en 2024. La désignation de deux mandataires pour gérer la crise a accentué le souci des salariés, déjà très préoccupés par la rapidité de la dégradation de la situation. Les manifestations se multiplient dans plusieurs agences, et la colère monte face à l’incertitude qui plane sur leur avenir professionnel.
Les difficultés de Ziegler s’inscrivent dans un contexte plus large, marqué par la hausse du prix des carburants et un ralentissement économique frappant le secteur du transport routier. La CGT a dénoncé une situation alarmante, soulignant queCamions à l’arrêt, clients qui se retirent, fournisseurs peu enclins à continuer à travailler sous ces conditions, et salariés craignant de ne pas percevoir leur salaire à la fin du mois. L’organisation syndicale réclame également une transparence totale sur les causes menant l’entreprise à la crise et insiste pour que l’on ne laisse pas disparaître cet acteur historique dans l’indifférence générale.
