Alors que l’Union européenne encourage ses États membres à renforcer leurs investissements dans le capital humain, la fédération Les Acteurs de la Compétence dénonce un décalage croissant avec la politique menée par la France. Le Conseil de l’UE a adopté, le 9 mars 2026, une recommandation visant à promouvoir la formation et le développement des compétences pour lutter efficacement contre les pénuries de main-d’œuvre. Cependant, cette initiative semble en déphasage avec la stratégie française récente, qui, selon la fédération, contribue à un désinvestissement dans le domaine de la formation professionnelle.
Les responsables des Acteurs de la Compétence pointent un véritable « gap » entre les ambitions de l’Union européenne et la réalité française. Selon eux, alors que l’Europe insiste sur la nécessité de faire du capital humain une priorité d’investissement pour préparer l’économie de demain, la France privilégie encore une approche réactive et souvent considérée comme limitée. La fédération dénonce notamment le fait que la formation professionnelle en France est souvent perçue comme une variable d’ajustement plutôt que comme un levier stratégique pour le développement économique et social à long terme.
Face à ces observations, l’Union européenne met en avant une série de recommandations pour accélérer la montée en compétences des citoyens. Parmi celles-ci figurent des investissements renforcés dans la formation continue, une meilleure articulation entre l’éducation et le marché du travail, ainsi qu’un soutien accru à l’apprentissage tout au long de la vie. La France, quant à elle, semble piétiner sur ces questions, avec des mesures qui apparaissent, d’après la fédération, comme à contre-courant des orientations européennes. Cette contradiction souligne un certain retard dans la mise en œuvre des politiques de développement des compétences, critères pourtant cruciaux pour l’avenir économique du pays.
La formation professionnelle doit devenir un investissement stratégique, pas une variable d’ajustement.
Ce décalage entre la mobilisation européenne et la politique nationale suscite dès lors de nombreux questionnements sur la capacité de la France à suivre le rythme des réformes nécessaires pour anticiper les défis du marché du travail. Alors que l’UE insiste sur une approche proactive et ambitieuse, la récente politique française semble, au contraire, privilégier la stabilité à court terme au détriment des investissements dans le capital humain, un choix qui pourrait s’avérer coûteux à moyen et long terme. La fédération appelle donc à une refonte des politiques publiques pour aligner la stratégie nationale sur les recommandations européennes, afin de garantir un avenir compétitif et inclusif au pays.
