Stéphane Lardy : « L’objectif à terme est de s’affranchir de la dotation de l’État » – Centre Inffo

Lors d’un rendez-vous avec l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), Stéphane Lardy, le directeur général de France Compétences, a dévoilé l’état actuel du système de formation professionnelle en France. Malgré un contexte marqué par des contraintes budgétaires, le système affiche une certaine maturité, fruit notamment des effets de la réforme de 2018 qui a bouleversé la gouvernance et le financement de la formation.

France compétences gère en 2026 un budget de 12 milliards d’euros, provenant principalement de la contribution unique à la formation professionnelle et à l’apprentissage (CUFPA), collectée par l’Urssaf et la MSA. La répartition de ces fonds se fait vers onze opérateurs de compétences (Opco), qui assurent le financement de l’alternance, pour environ 9 milliards d’euros, tandis que la Caisse des dépôts et consignations gère le compte personnel de formation (CPF). Les sommes sont distribuées selon une logique « ouverte » et de guichet, permettant à France compétences d’allouer les crédits en fonction des besoins exprimés par les Opco.

Le système affiche aujourd’hui un excédent budgétaire prévu de 500 millions d’euros, témoignant d’une robustesse relative malgré les défis actuels. La croissance inattendue de l’apprentissage, notamment dans l’enseignement supérieur, constitue une nouveauté majeure que personne n’avait anticipée, et qui nécessite désormais une régulation adaptée pour gérer cette dynamique en expansion.

La fin du système tel que nous le connaissons pourrait s’inscrire dans une volonté de s’affranchir progressivement de la dotation de l’État, pour faire reposer davantage la gestion sur une logique de marché et de responsabilisation des acteurs.

Dans ce contexte, Stéphane Lardy insiste sur la nécessité d’une régulation fine pour assurer la cohérence entre l’offre de formation et les besoins économiques. Il souligne aussi que la priorité doit rester d’assurer un accès équitable à la formation pour tous, tout en développant une nouvelle gouvernance plus autonome.

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