Après plusieurs années marquées par la crise sanitaire et ses impacts financiers, la RATP affiche enfin des signes de reprise. En 2025, le groupe a enregistré un bénéfice net de 217 millions d’euros, mettant fin à une série d’années déficitaires. Cette performance positive intervient dans un contexte où l’entreprise a dû faire face à une baisse durable de la fréquentation et à des défis liés à l’évolution des habitudes de mobilité en Île-de-France.
Le redressement financier de la RATP s’appuie notamment sur la remise à niveau des rémunérations versées par la région Île-de-France et sur une hausse de la productivité. Son chiffre d’affaires a ainsi progressé de 11 %, atteignant 7,93 milliards d’euros, après avoir subi un déficit de 25 millions d’euros en 2024 et de 109 millions en 2023. Par ailleurs, le trafic global a connu une légère reprise, avec une augmentation de 1,7 % en 2024, pour atteindre 3,142 millions de voyages, essentiellement grâce à des extensions de lignes de métro et à une réforme tarifaire encourageant la mobilité longue distance.
La performance de la RATP en 2025 témoigne d’une reprise solide, malgré des habitudes de déplacement encore profondément modifiées par la pandémie et le télétravail.
Le groupe souligne également que sa stratégie d’investissement reste ambitieuse, même si elle a diminué de 24 % par rapport à 2024, année exceptionnelle liée aux grands chantiers liés aux Jeux Olympiques. Ces investissements portent notamment sur la modernisation de ses parcs de bus, avec une priorité à la transition écologique. En ce sens, la RATP a publié un rapport durabilité annonçant une réduction des émissions de CO2 de 40 % depuis 2019, un résultat dépassant ses prévisions et la rapprochant de ses objectifs pour 2027.
Plus concrètement, à la fin de 2025, le parc de bus exploité par la RATP comprenait environ 4 600 véhicules, dont 1 300 étaient alimentés au bioGNV, 1 100 électriques et hybrides, tandis que 1 100 autres fonctionnaient encore au diesel. Ce virage vers une mobilité plus écologique traduit l’engagement du groupe envers la transition énergétique et la réduction de son empreinte carbone, dans un contexte où la priorité reste de maintenir la qualité de service face à une fréquentation encore inférieure de 9 % par rapport à 2019, année précédant la pandémie.
Par ailleurs, la gouvernance de la RATP est en pleine mutation, avec le départ récent de Jean Castex, devenu à la tête de l’entreprise après plusieurs années à la présidence. La recherche d’un ou d’une nouvelle présidente est en cours, avec une nomination qui pourrait intervenir “rapidement”, selon les sources internes. La transition intervient dans un contexte où la stabilité de la direction sera essentielle pour poursuivre la stratégie de redressement et renforcer la performance financière et opérationnelle du groupe.
