Vos câbles fibre optique peuvent servir à vous espionner, et ça marche très bien – Korben

Lors de la conférence NDSS 2026, des chercheurs ont présenté une démonstration particulièrement inquiétante révélant que les câbles à fibre optique standards, utilisés couramment dans les réseaux de télécommunication, peuvent être transformés en microphones à distance sans matériel visible ni émission d’ondes radio détectables. Cette technologie exploitée, connue sous le nom de DAS (Detection Acoustique Distribuée), permet de capter des vibrations générées par des sons environnants via une fibre optique passive.

Concrètement, les chercheurs ont développé un petit accessoire baptisé “Sensory Receptor”, un cylindre en plastique PET de 65 mm de diamètre sur lequel enrouler 15 mètres de fibre. Ce dispositif concentre et amplifie les vibrations captées par la fibre, ce qui permet d’analyser le signal lumineux après son passage dans la fibre pour en déduire le son ambiant. À seulement deux mètres du câble, ils ont réussi à atteindre un taux d’erreur inférieur à 20 % dans la transcription vocale, et dans un test en conditions plus réalistes, avec une séparation de cinquante mètres, le taux chutait à 9 %, rendant la transcription quasiment parfaite en termes de reconnaissance vocale.

L’absence d’émission d’ondes radio ou de consommation électrique permet à la fibre de rester indétectable aux techniques classiques de détection de micros cachés, ce qui pose un sérieux problème de sécurité.

Ce procédé repose sur la technique DAS, qui consiste à envoyer un laser dans la fibre depuis une extrémité. Lorsque des ondes sonores frappent le câble, elles provoquent de minuscules vibrations qui modifient la trajectoire de la lumière à l’intérieur de la fibre. En analysant ces modifications à l’aide d’algorithmes d’intelligence artificielle grand public, tels qu’OpenAI Whisper ou NVIDIA Parakeet, il devient possible de reconstruire l’audio capturé à distance. La simplicité du logiciel et l’absence d’un matériel sophistiqué rendent cette technique facilement utilisable et difficile à déceler.

Selon les chercheurs, cette vulnérabilité est particulièrement préoccupante dans les environnements modernes où la fibre optique traverse souvent des faux plafonds ou des câbles apparents en milieu urbain ou d’entreprise. En restant à une dizaine de mètres et en évitant une diffusion dans le sol, un agresseur pourrait potentiellement capter des conversations discrètement, rendant la détection via les méthodes classiques de balayage TSCM inefficace. La technologie, bien qu’encore limitée par la distance et la profondeur d’enfouissement, ouvre la voie à une nouvelle forme d’espionnage passive et difficile à contrer.

En somme, cette démonstration souligne la nécessité de revoir certaines mesures de sécurité, notamment dans des locaux sensibles où la moindre fibre à proximité pourrait être exploitée à des fins d’espionnage. La seule certitude est que nos câbles de fibre optique, souvent considérés comme sûrs, peuvent se transformer en véritables microphones invisibles, laissant la porte ouverte à des intrusions discrètes ou à la surveillance clandestine.

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