Une tendance émergente dans le monde du travail est la montée en popularité des applications de dictée vocale telles que Wispr, qui se connectent désormais à des outils de codage et de productivité. Selon une récente analyse publiée dans le Wall Street Journal, cette évolution pourrait transformer radicalement l’aménagement et l’étiquette des bureaux modernes. La possibilité de dicter ses tâches au lieu de taper ou de taper moins souvent pourrait favoriser un environnement plus fluide et interactif, mais soulève aussi des questions sur la façon dont nous interagirons dans ces nouveaux espaces.
Certains investisseurs et entrepreneurs décrivent déjà ces lieux comme ressemblant à des centres d’appels haut de gamme, où la voix devient l’outil principal de communication. Edward Kim, co-fondateur de Gusto, confie que son équipe est encouragée à ne taper que lorsque cela s’avère absolument nécessaire, évoquant une vision où le son occuperait une place centrale. Cependant, il admet que cette pratique peut rendre la vie quotidienne en bureau quelque peu inconfortable, notamment à cause du bruit et de la gêne que pourrait provoquer une utilisation constante de la dictée vocale.
De leur côté, Mollie Amkraut Mueller et son mari ont expérimenté cette nouvelle dynamique, mais ont vite constaté que cela pouvait devenir gênant dans leur vie quotidienne, notamment par la saturation sonore ou le fait de whispers à voix basse en pleine nuit. Pour pallier ces désagréments, ils ont décidé de travailler séparément, ou de s’isoler dans leurs bureaux respectifs. Toutefois, Tanay Kothari, fondateur de Wispr, reste optimiste en affirmant que cette nouvelle façon de travailler finira par devenir aussi normale que l’utilisation interminable de nos smartphones, qui nous semble aujourd’hui tout aussi naturel.
“Ce qui peut sembler étrange aujourd’hui deviendra bientôt une norme quotidienne, comme l’utilisation constante de nos téléphones.”
En définitive, cette transition vers des espaces de travail où la voix prédominera pourrait changer la dynamique des interactions professionnelles, en privilégiant la communication orale au détriment de la saisie écrite. Si cette évolution offre de nombreux avantages, notamment en termes de rapidité et d’ergonomie, elle exige également une adaptation aux nouvelles règles de politesse et de respect du silence dans les bureaux. La question reste ouverte : notre environnement de travail deviendra-t-il un jour aussi silencieux qu’une call center, ou bien le brouhaha de la nouvelle dictée vocale fera-t-il partie intégrante de notre quotidien ?
