“Mon entourage me dit que je suis dans la merde”: les graphistes étaient intouchables selon le rapport Villani de 2018, puis l’IA est brutalement arrivée (et les jeunes diplômés cherchent des stages)

Jusqu’à récemment, le secteur des professions créatives vivait dans la certitude qu’il serait à l’abri des avancées de l’intelligence artificielle. Pourtant, cette illusion a été brutalement confrontée à la réalité avec l’émergence d’outils capables de générer des images, des vidéos et même des spots publicitaires, remettant en question l’exclusivité du talent humain dans ces domaines.

Au début des années 2010, de nombreux experts pensaient que la créativité était une compétence finalement inatteignable par la machine. Selon le rapport Villani de 2018, plus un créatif était innovant, plus son emploi était censé être sécurisé. Mais cette conviction a volé en éclats face aux résultats économiquement satisfaisants fournis par les algorithmes, qui dévalorisent maintenant une partie du travail des graphistes et autres artistes visuels.

L’arrivée de l’IA bouleverse le marché du travail créatif, rendant la production plus rapide et moins coûteuse, mais au détriment des emplois traditionnels.

De jeunes diplômés comme Juliette, fraîchement sortie d’une école de graphisme il y a trois ans, ont vécu cette évolution en observant d’abord l’absence totale de l’IA dans leur formation, avant de voir progressivement la menace s’installer. Désormais freelance, elle exprime ses doutes quant à ses perspectives d’emploi, cette nouvelle réalité accentuant la concurrence et la difficulté à décrocher des contrats, surtout dans un marché saturé.

Selon plusieurs créatifs, le recours à l’intelligence artificielle dans la publicité et la communication se généralise à une vitesse fulgurante. Ainsi, de nombreuses entreprises utilisent désormais ces outils pour générer rapidement une multitude de variantes visuelles, permettant de tester différentes campagnes à moindre coût et en un temps record. Pourtant, cette praticité ne va pas sans risques, notamment en termes d’authenticité et d’unicité des créations.

Malgré ces transformations, certains estiment que la touche humaine conserve encore une valeur inestimable. La publicité d’Intermarché, par exemple, affichait fièrement qu’elle était 100% sans IA, contrastant avec les flop retentissants de campagnes de grandes marques comme Coca-Cola ou McDonald’s, critiques pour leurs incohérences visuelles. Au final, cette nouvelle ère pose la question de l’avenir du métier : doit-on craindre la disparition totale de certains postes ou envisager une nouvelle forme de collaboration homme-machine ?

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