Le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, a récemment insisté sur la nécessité de changer l’image souvent négative des métiers industriels. Selon lui, il est crucial de “tordre le cou aux idées reçues sur les métiers de l’industrie”, notamment dans des secteurs comme l’aéronautique, la défense ou encore le nucléaire, qui continuent de recruter activement. Malgré une baisse des intentions de recrutement en France, cette dynamique reste forte, avec encore énormément de besoins en emploi dans ces secteurs cruciaux.
Les chiffres de la dernière étude de France Travail indiquent que les intentions de recrutement ont marqué le pas en France, atteignant leur niveau le plus bas depuis 2018. Cependant, Thibaut Guilluy relativise cette tendance en rappelant que 2018 était une année particulièrement dynamique, et que la situation actuelle, bien que plus calme, reste tout à fait viable pour l’économie. Il souligne que le marché de l’emploi demeure « dynamique » et que plusieurs autres secteurs comme l’automobile ou la chimie ont été plus touchés, contrairement à l’aéronautique ou au nucléaire qui continuent de générer de nombreux emplois.
“Il faut tordre le cou aux idées reçues sur les métiers industriels et valoriser ces secteurs en pleine mutation, qui proposent des carrières accessibles et bien rémunérées.”
Thibaut Guilluy insiste aussi sur la nécessité de valoriser des métiers qui, souvent, sont perçus comme manuels ou peu attractifs. Il cite l’exemple d’une travailleuse qu’il a rencontrée à Saint-Nazaire, qui, après 30 ans dans le social, s’est réorientée vers la fabrication d’avions A320, un métier qui lui assure aujourd’hui un revenu stable tout en étant accessible à ceux qui souhaitent changer de voie. Selon lui, les métiers de l’industrie ont énormément évolué, intégrant désormais la technologie et la féminisation. Il rappelle que ces emplois offrent souvent des salaires compétitifs et des perspectives d’évolution intéressantes, notamment pour les jeunes en quête d’autonomie professionnelle.
“Il faut donner envie aux jeunes de se tourner vers ces filières et mieux informer sur les possibilités de carrière,” affirme-t-il. Il souligne également que la vision selon laquelle il faut nécessairement un bac+5 pour réussir dans l’industrie est erronée. Beaucoup de postes techniques, accessibles dès un bac+2, permettent aujourd’hui de progresser et d’accéder à des positions de responsabilité. Selon lui, il est important d’éviter de s’enfermer dans des voies universitaires qui ne correspondent pas toujours aux aspirations ou aux besoins du marché du travail.
En conclusion, Thibaut Guilluy insiste sur l’importance de mieux faire connaître ces métiers et de donner des perspectives d’évolution aux jeunes. Il appelle aussi à une meilleure projection de l’emploi industriel en France, en intégrant non seulement les taux d’inscription actuels, mais aussi les tendances à venir, afin d’anticiper les besoins futurs et de valoriser ces filières stratégiques pour l’économie nationale.
En somme, plutôt que de stigmatiser l’industrie « d’usine de Zola », il faut la considérer comme un secteur en pleine révolution, offrant aujourd’hui des opportunités accessibles et bien rémunérées, indispensables pour l’avenir de la France.
