Après une réunion avec les syndicats au ministère du Travail, le ministre Jean-Pierre Farandou a confirmé que le gouvernement français ne sollicitera pas la convocation d’une commission mixte paritaire pour faire avancer le projet de loi relatif au travail le 1er mai, après un rejet tactique dans l’hémicycle la semaine précédente. Cette décision met fin à l’ambition initiale d’adopter rapidement le texte en vue de permettre, ou non, le travail des salariés dans les petits commerces lors de cette journée particulière.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué que “le gouvernement a décidé de ne pas demander la convocation de la commission mixte paritaire”, précisant que cette étape aurait permis une adoption du texte lors du 1er mai. Jean-Pierre Farandou a souligné que cette journée, étant la journée des travailleurs et des travailleuses, devait rester un jour chômé, payé, et férié, principe auquel le gouvernement souhaite continuer de donner priorité. Il a toutefois évoqué la possibilité pour les professions concernées de négocier au niveau de leurs branches pour la gestion de cette date dans un délai “le plus rapide possible”.
Le gouvernement préfère renvoyer la question à l’année 2027, évitant ainsi de rouvrir le débat pour cette année au profit d’une prudence administrative et politique accrue.
Lors de cette réunion, les cinq principales organisations syndicales françaises (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont travaillé avec le ministre pour préciser le périmètre des commerces concernés par une ouverture au travail le 1er mai. La représentante de la CFDT a exprimé sa satisfaction que le 1er mai resterait une journée “complètement classique” cette année, soulignant que le rejet du texte éliminait l’enjeu de la faire évoluer pour 2026. La dirigeante de la CGT, Sophie Binet, a également salué “l’écoute” du gouvernement face aux alertes syndicales, tout en insistant sur l’importance de préserver cette journée comme étant uniquement réservée aux secteurs indispensables à l’activité économique.
Par ailleurs, Gabriel Attal, ancien porte-parole et député, ainsi que Bruno Retailleau, figura du parti Les Républicains, ont exprimé leur déception face à cette volte-face de l’exécutif. Gabriel Attal a regretté que “le gouvernement n’ait pas tenu ses engagements” quant à la réforme, la qualifiant de “pour la liberté, pour le travail, pour le pouvoir d’achat”. De son côté, Bruno Retailleau a dénoncé une “capitulation à répétition” face aux pressions syndicales, insistant sur la nécessité d’un véritable courage politique pour avancer sur ce sujet.
En conclusion, cette décision illustre une nouvelle fois les tensions qui subsistent sur la gestion du travail le 1er mai, entre des revendications syndicales, les attentes patronales et la volonté gouvernementale de préserver ce jour comme fête nationale. Alors que la question de la possibilité de travailler ce jour-là pour certains secteurs reste en suspens, l’accent est désormais mis sur la recomposition des négociations dans les branches concernées pour le futur.
