Les employés gagnent jusqu’à une journée par semaine grâce à l’IA mais leur entreprise ne leur dit pas ce qu’ils doivent faire de ce temps gagné, selon cette étude

Selon une étude récente du Boston Consulting Group (BCG), une majorité importante de salariés dans le monde utilise l’intelligence artificielle au travail. En effet, 74% des employés de bureau ont intégré l’IA dans leur routine professionnelle, un chiffre en hausse de 23 points par rapport à l’année précédente. Les bénéfices sont palpables, avec 52% des répondants déclarant gagner au moins une journée de travail par semaine grâce à cette technologie, notamment dans les secteurs du marketing, de l’informatique, des ressources humaines et de la finance.

Cependant, malgré ces gains de productivité, une problématique majeure se profile. La même étude révèle que 61% des salariés, dont 66% chez les non-managers, reçoivent peu ou pas de consignes quant à l’utilisation de ce temps libéré. Ainsi, ces salariés ne réinvestissent pas systématiquement leur temps supplémentaire dans des activités à forte valeur ajoutée ou stratégiques, ce qui limite la traduction concrète des gains d’efficacité en création de valeur pour l’entreprise. La question demeure : que font réellement les employés avec ce temps ?

“Les gains de productivité ne se traduisent pas automatiquement en création de valeur, car le temps gagné est souvent absorbé par une intensification du travail.”

Ce paradoxe est bien connu en économie depuis le XIXe siècle, illustré notamment par William Stanley Jevons qui expliquait que la machine à laver n’avait pas libéré du temps, mais permis de laver dix fois plus de linge. Récemment, un collectif de 17 DRH issus de grandes entreprises françaises, telles qu’EDF ou Hermès, tirent la sonnette d’alarme : ils militent pour une meilleure gestion du temps gagné par l’IA, en proposant de favoriser davantage les échanges humains et la créativité, plutôt que d’alourdir encore plus le volume de reporting ou de livrables.

Outre l’aspect quantitatif, l’étude souligne un autre paradoxe : si la satisfaction des employés augmente avec l’adoption de l’IA (67% d’entre eux ressentent une meilleure appréciation de leur travail), leur charge mentale s’alourdit également (41% signalent une augmentation de leur charge cognitive). Ce phénomène, qualifié de “paradoxe de la joie” par le BCG, reflète une nouvelle dynamique du travail où la nouveauté et le potentiel de l’IA boostent d’abord l’enthousiasme, avant que l’absence d’une stratégie claire ne fasse rapidement décroître cet engouement.

Face à ces enjeux, le rapport insiste sur une évidence : la clé du succès repose davantage sur une stratégie claire que sur la simple possession d’outils performants. Des entreprises qui communiquent efficacement sur leur démarche IA et impliquent leurs employés dans les réflexions constatent une meilleure appropriation et un impact positif visible en termes d’impact business. En résumé, un usage réfléchi, encadré et stratégique de l’IA permet de maximiser ses bénéfices tout en évitant les écueils liés à une surcharge cognitive ou à une perte de sens.

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