Le géant français du jeu vidéo Ubisoft a récemment annoncé une décision majeure concernant le télétravail, un sujet qui avait déjà suscité de fortes tensions en début d’année. Selon l’AFP et confirmée par le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV), l’entreprise a acté la réduction du recours au télétravail pour ses salariés, qui ne bénéficieront désormais plus que d’un quota annuel de 36 jours, soit moins d’un jour par semaine. Jusqu’à présent, les employés pouvaient travailler à distance deux jours par semaine, une organisation désormais remise en question.
Les salariés ont été informés que cette nouvelle organisation serait effective dès octobre 2026 pour la majorité des entités, avec une mise en œuvre dès le printemps 2027 pour celles disposant déjà d’un accord spécifique. Pierre-Etienne Marx, représentant du STJV, a exprimé la surprise et la consternation qu’a causées cette annonce, qualifiant la réaction de nombreux employés de « sidération » face à cette réduction des droits au télétravail, alors même que des efforts avaient été demandés pour renégocier les accords existants. La société justifie cette décision par un objectif clairement affiché : renforcer la collaboration en présentiel, favoriser la transmission des savoirs, accompagner les jeunes talents, et revenir à des échanges réguliers propices à la créativité collective.
Ubisoft souhaite retrouver un mode de travail majoritairement en présentiel afin de stimuler la collaboration et la créativité au sein de ses équipes.
Ce changement intervient dans un contexte particulier où Ubisoft doit faire face à des difficultés financières et s’inscrit dans une démarche de réorganisation. En effet, le groupe avait déjà annoncé en janvier vouloir instaurer un retour à cinq jours de présence physique par semaine, en lançant un plan de réduction des coûts d’au moins 200 millions d’euros sur deux ans. La réduction du télétravail apparaît comme une avancée dans cette stratégie de réorganisation visant à limiter les dépenses et à renforcer la cohésion entre collaborateurs face à une concurrence de plus en plus féroce, notamment sur un marché en pleine mutation. La tension est palpable, notamment auprès des employés, puisque près de 1.200 salariés sur 3.800 en France s’étaient mobilisés en février lors d’une grève protestant contre cette orientation, bien que la direction n’ait recensé que 538 grévistes déclarés.
Les discussions avec les partenaires sociaux devraient se poursuivre pour ajuster cette nouvelle organisation, en tenant compte des situations particulières. Ubisoft a également souligné que « une attention particulière sera portée aux situations individuelles » afin d’adapter la mise en œuvre de cette nouvelle politique. La fin du télétravail à hauteur de moins d’un jour par semaine marque un tournant dans la gestion du travail au sein de l’entreprise, qui cherche à concilier ses impératifs économiques avec les attentes de ses salariés en pleine mutation. La décision soulève donc un débat plus large sur la flexibilité et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée dans l’univers des grandes entreprises de la tech et du divertissement.
