Selon les dernières données de l’Insee, l’emploi salarié en France est resté quasi-stable au premier trimestre 2026. Une très légère baisse dans le secteur privé (-0,1%) a été contrebalancée par une toute petite hausse dans le secteur public (+0,1%). Sur cette période, le secteur privé a perdu environ 13 900 emplois, tandis que la fonction publique a enregistré une augmentation de 9 000 emplois, confirmant ainsi les chiffres publiés en avril dernier. Ces variations, bien que faibles, soulignent une stabilité relative sur un trimestre marqué par des tensions géopolitiques croissantes.
Sur une année, la tendance est légèrement à la baisse, avec une réduction de 0,2% de l’emploi salarié, soit 47 600 emplois en moins. Cependant, cette baisse doit être relativisée puisque l’emploi reste globalement supérieur à ses niveaux d’avant la crise sanitaire : fin 2019, il y avait 1,2 million d’emplois supplémentaires (+4,7%). La perte dans le privé est plus marquée avec 60 700 emplois en moins, tandis que le secteur public a perdu 13 200 emplois, principalement pour les fonctionnaires, avec une augmentation notable chez les contractuels. Par ailleurs, l’introduction pour la première fois de l’emploi non salarié dans la communication de l’Insee révèle une croissance continue (+0,6% au trimestre, +2,3% sur un an, soit +80 000 emplois), avec une dynamique particulièrement favorable pour ce segment.
La stabilité de l’emploi en France, malgré un contexte international tendu, témoigne de la résilience du marché du travail, notamment grâce à l’emploi des seniors et à la croissance de l’emploi non salarié.
Le détail des profils montre des contrastes importants : alors que l’emploi des seniors (55 ans et plus) progresse de manière significative (+0,7% au trimestre, +2,8% sur un an), celui des jeunes (15 à 29 ans) continue de diminuer, avec une baisse de -0,2% trimestre, -1,3% année. La progression récente des CDD (+0,4% sur le trimestre, +0,5% sur un an) et la baisse de l’alternance (-4,4% sur un an) soulignent également des possibles impacts des mesures d’aide à l’apprentissage, qui semblent connaître un recul. La stabilité de l’emploi salarié privé s’explique donc notamment par la croissance chez les seniors, malgré une contraction de l’emploi chez les jeunes et dans la tranche d’âge 30-54 ans.
Enfin, la situation économique et géopolitique, notamment la guerre en Iran avec le blocage du détroit d’Ormuz, a été soulignée par l’OFCE comme un facteur susceptible d’impacter l’emploi à moyen terme. Mathieu Plane, son directeur adjoint, prévient que les effets visibles de ces tensions devraient se faire sentir davantage au deuxième trimestre, laissant entrevoir une possible évolution plus compliquée pour le marché du travail français dans les prochains mois.
