Selon le bilan annuel de l’autorité française de régulation des plateformes de livraison, la rémunération horaire des livreurs indépendants continue de diminuer en 2025, malgré des variations observées sur certaines plateformes. L’analyse met en avant un phénomène d’allongement constant du temps consacré à chaque course, une tendance qui contribue significativement à la baisse du revenu horaire global. Alors que ce chiffre baisse, la plupart des plateformes enregistrent une tendance à la dégradation, sauf Uber Eats qui affiche une légère hausse.
En détail, Deliveroo constate une baisse de 2,4 % de la rémunération horaire brute de ses livreurs, qui s’établit à 25,7 euros en 2025. Stuart, autre acteur majeur du secteur, voit ses revenus reculer de 5 %, atteignant désormais 22,7 euros. Chez Delicity, spécialisé dans la livraison de repas, la rémunération horaire a également reculé de 0,7 %, pour s’établir à 35,4 euros, un niveau encore supérieur à celui de ses concurrents. Toutefois, c’est Uber Eats qui se distingue en enregistrant une hausse de 4,7 % de son revenu horaire brut en course, atteignant ainsi 21,5 euros, une première depuis 2021 selon l’ARPE.
La dégradation des revenus horaires résulte principalement de l’allongement constant du temps de chaque course, non compensé par une hausse du tarif unitaire.
Sur la période 2021-2025, cette tendance à la baisse s’est confirmée pour toutes les grandes plateformes. Le revenu horaire brut a ainsi chuté de 22,4 % pour Uber Eats, de 21,5 % pour Stuart et de 15,0 % pour Deliveroo. Ces dégradations deviennent encore plus significatives lorsqu’on ajuste ces chiffres à l’inflation, avec une baisse réelle estimée à -31,7 % pour Uber Eats et -25,2 % pour Deliveroo. Ces chiffres illustrent la pression constante qui pèse sur les revenus des livreurs, souvent en situation précaire.
Une étude menée en 2025 par Médecins du Monde (MdM) révèle que 98 % des livreurs seraient nés à l’étranger, dont 64 % sans titre de séjour. Ces travailleurs indépendants effectuent en moyenne 63 heures de travail par semaine pour un revenu brut mensuel de 1 480 euros, mettant en lumière la précarité dans laquelle ils opèrent. Ces données soulignent également la vulnérabilité de ce profil, souvent confronté à des conditions de travail difficiles sans véritable protection sociale.
