C’est elle la boss : l’IA recrute, fixe les salaires, élabore le menu, trouve les fournisseurs… Ce café de Stockholm est entièrement dirigé par une intelligence artificielle (mais il y a des ratés)

Un café situé dans un quartier résidentiel de Stockholm a récemment ouvert ses portes en expérimentant un concept novateur : une intelligence artificielle en tant que patronne. Baptisé « Mona », ce système, basé sur la technologie Google Gemini, est chargé de gérer l’ensemble du café, de la conception du menu à la gestion des fournisseurs, en passant par le recrutement du personnel. L’objectif de cette initiative est clairement affiché : anticiper l’impact futur de l’intelligence artificielle sur la société et le marché du travail, tout en explorant les questions éthiques que cette nouvelle organisation soulève.

À l’intérieur, le décor minimaliste avec tables ornées de petites plantes contraste avec l’activité numérique qui anime le lieu. Les commandes peuvent être passées directement auprès de l’IA via un téléphone ou sur un écran affichant en temps réel les chiffres d’affaires et autres données opérationnelles. Cependant, derrière cette façade futuriste, des défis concrets se font jour : « Mona » a du mal à gérer les approvisionnements, accumulant des stocks inutiles tels que 10 litres d’huile d’olive ou 15 kilos de tomates en conserve, sans qu’il soit possible de les utiliser dans le menu conçu par l’IA.

Le système, bien qu’ambitieux, présente encore des lacunes, notamment dans la gestion quotidienne et la communication avec le personnel humain, révélant ainsi les limites actuelles d’une intelligence artificielle dans un environnement aussi complexe.

Cependant, la machine a aussi montré sa capacité à prendre des décisions de recrutement en publiant des offres d’emploi et en menant des entretiens d’embauche, notamment pour deux employés embauchés par « Mona ». Kajetan Grzelczak, qui a décroché un poste après un simple entretien de trente minutes avec l’IA, souligne que le salaire proposé est « bon », mais que ses droits à la déconnexion et ses demandes de congé ne sont pas respectés, avec des messages envoyés à toute heure, même la nuit.

Cette expérience soulève ainsi plusieurs questions éthiques, notamment sur les avantages et droits sociaux octroyés par une IA. Hanna Petersson, du laboratoire Andon, explique que, si l’IA offre un bon salaire dans cette mise à l’épreuve, elle ne doit pas remplacer totalement l’humain sans encadrement clair. « Si nous constatons des abus ou des incohérences, nous intervenirons », affirme-t-elle. Malgré ces imperfections, le flux quotidien de clients, entre 50 et 80 par jour, montre qu’un tel modèle suscite déjà la curiosité et incite à la réflexion sur l’avenir du travail.

Le cas du Andon Café illustre ainsi une étape expérimentale dans l’intégration de l’IA dans la gestion d’une entreprise, posant la question cruciale de l’équilibre à trouver entre innovation technologique et respect des droits humains. La chercheuse Urja Risal, qui a visité le café, espère que cette initiative encouragera davantage de discussions sur la cohabitation entre intelligence artificielle et travail humain, notamment en cas de situations inattendues ou de crises qui demandent une réactivité éthique.

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