Bambu Lab épinglé pour violation de licence open source depuis quatre ans – Korben

La Software Freedom Conservancy (SFC), une organisation engagée dans la défense des licences libres, a récemment dévoilé une affaire qui implique le fabricant d’imprimantes 3D grand public Bambu Lab. Selon l’ONG, l’entreprise a enfreint l’AGPLv3 depuis environ quatre ans, notamment en ne publiant pas le code source de sa bibliothèque libbambu_networking, essentielle pour la communication entre son slicer maison et ses serveurs cloud, en violation claire de ses obligations légales.

Le problème ne s’arrête pas là : le SFC souligne également que Bambu Lab a tenté de faire retier un fork amélioré de OrcaSlicer, une version modifiée par la communauté. L’entreprise a envoyé une mise en demeure à Paweł Jarczak, le développeur derrière cette version, ce qui constitue une violation supplémentaire de l’AGPLv3, qui interdit d’imposer des restrictions non conformes à la licence originale. La riposte du SFC a été de lancer un projet baptisé baltobu, visant à réécrire la bibliothèque à partir de zéro via reverse-engineering et à maintenir les forks communautaires, tout en créant un remplaçant entièrement open source de Bambu Studio.

Le projet baltobu a déjà collecté plus de 250 007 dollars, démontrant l’implication de la communauté face à cette violation flagrante.

Ce conflit met en lumière une problématique récurrente : l’utilisation par des entreprises de composantes open source tout en ne respectant pas leurs licences. La plateforme Bambu Studio, basé sur PrusaSlicer et Slic3r, est en principe soumis à la licence AGPLv3, qui impose la divulgation du code source de tout logiciel dérivé. Pourtant, la société a reconnu l’existence de sa bibliothèque propriétaire et a admis ses défaillances sans toutefois changer ses pratiques, en maintenant la bibliothèque fermée et en poursuivant ses pratiques cloud restrictives.

En résumé, la lutte pour la protection des licences open source reste très vivante, et cette affaire illustre la nécessité d’une surveillance accrue et de l’implication de la communauté pour faire respecter la légalité. La réaction prudente de Bambu Lab, qui a simplement exprimé regret face à la perception de menace légale, ne suffit pas à résoudre la problématique. Ce genre de conflit risque de perdurer tant que les grandes entreprises ne respecteront pas leurs obligations légales, tandis que la communauté continue de se mobiliser autour de projets comme baltobu pour maintenir la transparence et la liberté logicielle.

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