Le déficit de l’assurance chômage devrait atteindre 2,3 milliards d’euros en 2026 (mais ses comptes auraient été dans le vert sans les prélèvements de l’État qui agacent l’Unédic)

Le bureau de l’Unédic, organisme chargé de la gestion de l’assurance chômage en France, a lancé un appel pressant aux pouvoirs publics ce mercredi 17 juin. La Fédération affirme que les prélèvements étatiques ont significativement alourdi la dette du régime, et leur suppression permettrait de redresser la situation financière. En l’état actuel, le régime pourrait connaître un déficit de 2,3 milliards d’euros en 2026, principalement en raison d’un prélèvement de l’État de 4,1 milliards d’euros. Sans cette ponction, le solde aurait été positif à hauteur de 1,8 milliard d’euros.

Selon les projections de l’Unédic, si aucune nouvelle retenue étatique n’intervient dans les années à venir, la situation financière du régime devrait s’améliorer notablement. Le solde pourrait revenir dans le vert avec +2,1 milliards d’euros en 2027 puis atteindre +4 milliards d’euros en 2028. Patricia Ferrand, la présidente de l’organisme, a exprimé son inquiétude face à ce qu’elle qualifie de « désendettement totalement contraint et paralysé », évoquant des « décisions de prélèvements annuels pendant 4 ans pour un montant total de 12 milliards d’euros » qui compliquent la gestion du régime.

L’enjeu crucial pour l’Unédic reste la question de la éventuelle poursuite ou non des prélèvements de l’État à partir de 2027, alors que le régime doit faire face à des remboursements de dette importants.

Ce contexte s’inscrit dans une gestion complexe de dette, notamment due à des émissions de titres réalisées lors de la crise Covid-19. L’Unédic doit désormais rembourser d’importantes échéances : 6,25 milliards d’euros en 2026, 5,25 milliards en 2027, et 5 milliards en 2028. La dette totale du régime pourrait atteindre 61,5 milliards d’euros à la fin 2026, avant de diminuer à 59,4 milliards en 2027, puis à 55,4 milliards en 2028. Cependant, sans l’impact des prélèvements de l’État, cette dette finirait en 2028 à 43,4 milliards d’euros, illustrant l’effet dévastateur des ponctions dans la santé financière du régime.

Pour faire face à ces obligations, l’Unédic a dû renforcer ses émissions d’obligations à long terme. Après avoir levé 4 milliards d’euros en 2025, l’organisme prévoit de lancer 10 milliards d’euros sur les marchés financiers en 2026. Ces émissions, dans un contexte de taux toujours élevés, entraînent une augmentation significative des dépenses d’intérêts, qui devraient atteindre 0,7 milliard d’euros en 2026, puis 0,9 milliard en 2027, dépassant 1 milliard en 2028. La gestion de cette dette massive reste un défi majeur pour le régime.

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