Era lève 11 millions de dollars pour construire une plateforme logicielle pour les gadgets IA

Au début du mois d’avril, la startup Era a organisé une rencontre à New York réunissant des artistes ayant reçu son kit de développement. Ces artistes ont présenté diverses mini-bgadgets qu’ils ont conçus, tels qu’un souvenir interactif racontant des faits et des blagues sur la France, un appareil ressemblant à un téléphone qui analyse vos actions boursières pour indiquer si c’est le moment de quitter votre emploi, ou un dispositif informant sur la qualité de l’air. Bien que tous ces appareils soient encore expérimentaux, ils illustrent la plateforme d’Era, destinée à permettre aux fabricants de hardware de créer des agents AI et des orchestrations numériques pour ces dispositifs.

La société ne souhaite pas fabriquer ses propres appareils mais se concentre sur la fourniture d’une couche logicielle facilitant la création d’agents intelligents, la personnalisation vocale ou l’ajout d’intelligence à des appareils classiques, comme des écouteurs. Depuis sa création, Era a levé un total de 11 millions de dollars, notamment grâce à un tour de seed de 9 millions de dollars mené par Abstract Ventures et BoxGroup, avec la participation d’autres investisseurs comme Collaborative Fund et Mozilla Ventures. La société a également bénéficié de 2 millions de dollars en pré-amorçage, issus de Topology Ventures et Betaworks, ainsi que de contributions d’investisseurs angels tels que Caterina Fake, Ken Kocienda ou encore Tony Wang.

Era vise à démocratiser la création de dispositifs intelligents en fournissant une plateforme capable de gérer des modèles variés et des contraintes réelles comme la connectivité.

Fondée en 2022 par Liz Dorman (CEO), Alex Ollman (CTO) et Megan Gole (CPO), la startup tire ses compétences d’un savoir-faire diversifié : Dorman, ex-Humane et HP ; Ollman, spécialiste des cadres d’agents pour les entreprises ; Gole, ayant travaillé chez Sutter Hill Ventures et sur des projets liés à Jony Ive et Sam Altman. Selon Casey Caruso, investisseur chez Topology Ventures, la plateforme d’orchestration d’Era se distingue par sa capacité à router dynamiquement entre différents modèles et à gérer des contraintes en temps réel.

Liz Dorman explique que l’ambition d’Era est de bâtir une plateforme capable d’alimenter la prochaine génération d’appareils, avec ou sans application dédiée. Elle souligne également une volonté de redonner le pouvoir aux utilisateurs pour choisir leurs dispositifs et modèles d’IA, plutôt que de laisser cette décision aux techniciens de San Francisco : « Je veux une alternative face à cette vision centralisée et déconnectée de la réalité. »

Actuellement, la société propose plus de 130 modèles de langage (LLMs) provenant de plus de 14 fournisseurs, afin d’alimenter divers formats de gadgets IA : lunettes, bijoux ou enceintes connectées. Era prévoit une explosion des formes de dispositifs intelligents grâce à la mise à disposition d’une couche logicielle capable de gérer des entrées multimodales et des inférences sur une grande variété de hardware. La plateforme est conçue pour évoluer à l’échelle de millions d’appareils et pour supporter des expérimentations sur mesure, permettant aux marques de proposer des objets innovants tout en respectant la vie privée des utilisateurs.

Avec une plateforme conçue pour croître rapidement et supporter des expérimentations variées, Era veut dynamiser l’écosystème des gadgets IA et rendre la technologie plus accessible et moins centralisée.

En dépit de l’absence de modèles d’affaires à succès dans le secteur du hardware IA, Era croit fermement que la multiplication des cas d’usage convaincrait les utilisateurs à adopter ces dispositifs. La société souhaite également ouvrir sa plateforme au public via l’open source et la communauté des makers, montrant ainsi son ambition de faire évoluer le secteur de l’IA hardware vers une démocratisation plus large. La société envisage que, à mesure que la popularité des gadgets IA croît, les consommateurs auront la possibilité de choisir librement leurs modèles et leurs dispositifs, dans un cadre respectueux de leur vie privée.

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