Depuis le 2 avril 2026, le Compte Personnel de Formation (CPF) a connu une évolution significative, marquée par une augmentation notable du reste à charge pour les salariés. Ce montant, qui était encore de 103,20 euros début 2026, a atteint désormais 150 euros par formation, représentant une hausse de près de 45 % en seulement quelques mois. Cette modification s’inscrit dans une stratégie globale de maitrise des dépenses publiques, à l’image des mesures déjà instaurées depuis mai 2024, telles que la participation forfaitaire de 100 euros qui venait réduire le financement total d’une formation.
Le mécanisme reste simple mais structurait : quel que soit le coût de la formation, le salarié doit désormais payer une somme fixe de 150 euros. Ce montant, indépendant du prix du parcours, s’ajoute à d’autres plafonds de financement fixés par l’État, tels que 1 500 euros pour les certifications, 1 600 euros pour le bilan de compétences ou encore 900 euros pour le permis de conduire. Ces plafonds obligent mécaniquement les salariés à couvrir une partie supplémentaire du coût, notamment pour des formations coûteuses. Par exemple, pour une formation à 2 000 euros, le salarié devra financer 500 euros, comprenant les 150 euros de reste à charge fixe.
Ce nouveau cadre budgétaire, tout en restreignant les financements, pousse les salariés à prendre en charge une partie de leurs formations, renforçant ainsi le rôle stratégique des entreprises dans la gestion des compétences.
Le reste à charge concerne principalement les salariés du secteur privé, quels que soient leur contrat ou leur temps de travail. Si certains publics, comme les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail ou ceux bénéficiant d’un cofinancement employeur ou OPCO, restent exonérés, d’autres catégories doivent désormais assumer cette nouvelle participation financière. Notamment, les bénéficiaires du compte professionnel de prévention ou victimes d’accidents du travail avec une incapacité d’au moins 10 %, évitent cette contribution. Toutefois, l’impact de cette hausse peut se révéler sensible pour les profils précaires, car même 150 euros peuvent représenter une barrière à la formation, pouvant réduire l’accès à la montée en compétences.
Pour les Ressources Humaines, ces changements impliquent une adaptation stratégique. La nécessité d’anticiper les besoins en formation, de structurer les cofinancements, et d’accompagner les collaborateurs dans la compréhension de ces nouvelles règles devient essentielle. Le CPF demeure un outil précieux, avec un plafond de 500 euros par an, pouvant atteindre 5 000 euros, permettant de sécuriser les parcours malgré un contexte plus contraignant. La mobilisation de l’abondement employeur ou d’autres dispositifs devient ainsi un levier clé pour maintenir l’accès à la formation et renforcer l’engagement des salariés.
En résumé, l’année 2026 marque une étape importante dans la gestion financière du CPF : tandis qu’en 2025 le reste à charge était de 102,23 euros, il a augmenté à 150 euros avec l’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures. La hausse, combinée aux plafonds de financement, modifie durablement la dynamique d’accès à la formation pour de nombreux actifs. La vigilance et une gestion stratégique des cofinancements seront indispensables pour préserver la montée en compétences dans un contexte plus exigeant.
