Le vendredi 17 avril, Sébastien Lecornu, ministre chargé des Outre-mer et de la Transition énergétique, a pris la parole pour annoncer une importante avancée concernant le travail le jour du 1er-Mai. Déplorant « une insécurité juridique » qui perdure depuis plusieurs années, il a confirmé qu’un projet de loi sera présenté avant cette date pour clarifier la situation et permettre à certains commerces de fonctionner le 1er-Mai.
Selon Lecornu, « les boulangers indépendants, artisans et fleuristes indépendants, artisans pourront ouvrir ce 1er-Mai », tout en rassurant sur la volonté du gouvernement de préserver ces activités face à un cadre juridique incertain. Le Premier ministre Jean Castex a également indiqué qu’une instruction sera donnée à l’ensemble des services de l’État pour éviter toute verbalisation des commerçants durant cette journée, en attendant la mise en place définitive du cadre législatif.
Un projet de loi d’origine gouvernementale sera présenté cette année pour encadrer le travail le 1er-Mai à partir de 2027, permettant une discussion sociale par branche et le volontariat des salariés.
Ce contexte s’inscrit dans une volonté du gouvernement d’assouplir la réglementation autour du travail le 1er-Mai, une journée traditionnellement chômée dans le pays. D’autres professions, telles que la Confédération des commerces de bouche (CGAD), ont également demandé à ce que leur capacité à employer des salariés cette journée soit explicitement reconnue. Sébastien Lecornu a indiqué que « d’autres discussions auront lieu pour les différentes branches » et qu’il recevra à nouveau tous les acteurs concernés début juin pour continuer à affiner ces mesures.
Pour autant, le sujet reste très sensible dans le paysage syndical et politique. Le projet initial, porté par l’ex-Premier ministre Gabriel Attal, visant à élargir le travail le 1er-Mai à certains secteurs comme la grande distribution ou l’industrie alimentaire, a été finalement abandonné. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a qualifié cette initiative de « catastrophe », dénonçant l’ouverture à la possibilité de travailler dans de nombreux secteurs lors de cette journée fériée, ce qui soulève des inquiétudes quant aux droits des travailleurs.
Sébastien Lecornu souligne l’importance de préserver la journée du 1er-Mai tout en adaptant la réglementation, mais le débat reste vif et la mise en œuvre reste incertaine.
La décision du gouvernement de renoncer à faire adopter une loi élargissant le travail le 1er-Mai intervient dans un contexte de forte contestation. La question de l’autorisation de travailler en ce jour considéré comme férié soulève des divergences significatives entre les revendications patronales et les positions syndicales. Le rejet par l’Assemblée nationale du projet de loi initial montre la difficulté à concilier les intérêts économiques et la protection des droits des salariés, alors que le gouvernement espère avancer avec une nouvelle législation à partir de 2027, après une période de concertation sociale.
Employant des mots fermes, certains responsables politiques comme Emmanuel Macron ont reçu favorablement l’action de Sébastien Lecornu, saluant ses efforts pour « composer avec les oppositions » et assurer une certaine clarté sur la temporalité législative. Cette manœuvre politique révèle la complexité du sujet, entre volonté de modernisation du cadre législatif et respect des traditions sociales, un équilibre difficile à trouver dans le contexte actuel.
