« Une baisse des effectifs de 6% pour la première fois depuis 2013 » : les Chambres de métiers redoutent « la fin d’un modèle gagnant » avec le coup de rabot sur les aides à l’apprentissage

Le réseau des Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) tire la sonnette d’alarme ce mercredi 18 février face à la baisse significative des subventions publiques destinées à l’apprentissage. Dans une lettre ouverte, les CMA rappellent que plus de 110 000 apprentis sont chaque année formés dans leurs centres, avec 90 % de ces formations au niveau bac ou inférieur. Selon elles, ces formations jouent un rôle crucial dans l’insertion professionnelle des jeunes et le développement économique des territoires de proximité.

Malgré le succès croissant de l’apprentissage depuis 2018, avec près d’un million d’apprentis par an, la situation financière des CFA se dégrade rapidement. Les CMA soulignent une baisse de leurs moyens de fonctionnement d’environ 8 %, soit 30 millions d’euros anticipés pour 2025, suite à diverses coupes budgétaires décidées ces dernières années. Cette réduction des financements pourrait entraîner la fermeture de sections, compromettant ainsi la capacité à former la future main-d’œuvre artisanale et menaçant la pérennité même du modèle d’apprentissage actuel.

Les CMA appellent à une stratégie immédiate en matière de financement de l’apprentissage, soulignant que sans cela, le système pourrait connaître une spirale descendante aux conséquences dommageables pour l’économie locale et l’emploi des jeunes.

Le président de CMA France, Joël Fourny, insiste : « C’est maintenant que tout se joue ! » Il met en garde contre le risque d’une « spirale catastrophique » si aucune mesure corrective n’est adoptée rapidement. Par ailleurs, le mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti) a également exprimé ses inquiétudes, notamment suite à l’annonce du ministère du Travail d’une nouvelle réduction des aides pour les apprentis en niveaux 5 et plus, surtout dans les grandes entreprises. Selon le Meti, cette politique pourrait accentuer la baisse des recrutements dans ces structures, qui représentent pourtant une part importante du tissu économique français.

En 2025, deux entreprises de taille intermédiaire sur trois auraient déjà réduit leur nombre d’apprentis d’au moins 20 %, ce qui pourrait engendrer un impact économique et social considérable. Le coût pour l’État de ces mesures se révélerait également problématique : le Meti estime qu’en diminuant les aides, l’État pourrait finalement perdre en retour plus qu’il n’économisera, avec une hausse potentielle du chômage des jeunes qui agroîtera encore davantage la crise de l’emploi.

La baisse des subventions pourrait signer la fin d’un modèle gagnant, menaçant la formation des futurs artisans et fragilisant l’économie locale, à moins d’une intervention stratégique du gouvernement.

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