Les Pactes régionaux d’investissement dans les compétences (PRIC) se trouvent aujourd’hui au cœur d’une crise majeure, suite à la réduction drastique des financements annoncée pour 2026. Alors que ces dispositifs constituent une étape essentielle dans l’amélioration de la formation professionnelle régionale, leur financement est désormais mis en péril par une volonté de réduction budgétaire du gouvernement. Le contexte économique et budgétaire national, marqué par la nécessité de redressement des comptes publics, oblige en effet l’État à revoir à la baisse ses engagements. Toutefois, cette décision soulève de vives critiques de la part des Régions, qui déplorent le manque de concertation et imputent ces coupes à des choix politiques négligés.
Lors d’une session du Conseil régional des Pays de la Loire le 5 mars dernier, Jean-Luc Catanzaro, vice-président en charge de la formation professionnelle, a exprimé la préoccupation générale : « Nous avons signé avec l’État un protocole sur 4 ans qui devait sécuriser le financement du pacte régional d’investissement dans les compétences. […] Et pourtant, aujourd’hui encore, nous ne savons pas quel sera le montant que l’État versera en 2026 ». Il a également souligné le cheminement incertain de ce budget, en précisant que « depuis décembre, la situation n’a fait qu’évoluer dans l’instabilité ». La régularité financière qui était escomptée est maintenant devenue une incertitude, alimentant les inquiétudes quant à la pérennité des actions prévues dans les régions, notamment la formation professionnelle et l’accompagnement des publics en difficulté.
Les Régions dénoncent une décision unilatérale qui compromet l’avenir de la formation professionnelle, sans redoutable concertation ni regard à long terme.
Ce revirement budgétaire a des implications profondes, puisqu’il menace la mise en œuvre des stratégies régionales pour renforcer l’accès à la formation, favoriser l’insertion professionnelle et lutter contre le chômage. Selon François Bonneau, président de Régions de France, cette réduction n’est pas simplement une baisse, mais « un effondrement » du financement, mettant en péril tout un dispositif déjà en place. Face à cette situation, les acteurs régionaux demandent une réévaluation urgente et davantage de transparence afin de préserver l’efficacité des investissements dans le développement des compétences, piliers de la relance économique régionale.
Les prochains mois seront décisifs pour clarifier la trajectoire financière des PRIC. En l’état actuel, la crainte d’un recul significatif de la formation continue et de l’accompagnement personnalisé se confirme, fragilisant ainsi l’avenir des populations vulnérables et des territoires. La question reste posée : cette baisse sera-t-elle compensée par d’autres financements, ou marquera-t-elle le début d’un recul préoccupant pour l’ensemble de la politique de formation en France ? La réaction des acteurs régionaux sera essentielle pour faire entendre leur voix face à cette nouvelle configuration budgétaire.
