Selon une récente étude publiée par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), l’écart de salaire entre les femmes et les hommes cadres s’est accentué, atteignant désormais 16 %, soit une différence moyenne de 8 000 euros, avec une médiane annuelle brute fixe + variable de 50 000 euros pour les femmes contre 58 000 euros pour les hommes. Cet écart, qui a augmenté de 2 000 euros entre 2024 et 2025, souligne la persistance d’inégalités salariales malgré les avancées en matière de droits et de transparence.
Le cas de Clara, 36 ans, illustre cette réalité. Elle a récemment succédé à son supérieur dans un cabinet comptable européen, qui perçait 50 000 euros de plus qu’elle par an. Bien qu’elle ait souligné la complexité de ses missions, ses responsabilités et ses heures supplémentaires pour justifier une augmentation, elle a finalement obtenu une hausse de 11 000 euros bruts annuels. Son témoignage met en lumière le défi que représente souvent la négociation salariale, surtout pour les femmes, qui ont tendance à moins oser aborder cette question crucial.
Le constat est clair : les femmes négocient moins leur salaire, et l’écart persiste malgré la législation et la sensibilisation.
Ce phénomène s’explique notamment par une moindre confiance dans la négociation et une crainte de mal paraître ou de mettre en péril leur emploi. La directive européenne sur la transparence salariale, encore à transposer en France, pourrait constituer un levier pour améliorer la situation en renforçant le droit à connaître les rémunérations dans l’entreprise. Cependant, d’après l’Apec, 4 femmes sur 10 ne sentent pas à l’aise pour demander cette information à leur employeur, ce qui limite leur capacité à agir efficacement.
Pourtant, des stratégies existent pour renforcer cette assertivité. Chrystal Le Liegard, consultante en développement professionnel, insiste : « Oser, c’est le premier pas. » Elle recommande aux femmes de bien préparer leurs entretiens en étudiant leur fiche de poste, en quantifiant leurs succès et en illustrant leurs réalisations. Cela peut faire toute la différence dans la négociation, comme le démontre l’exemple de Julie, une cadre bancaire qui, après avoir commencé à documenter ses réussites, a obtenu trois augmentations en trois ans, rattrapant ainsi un retard initial dans sa carrière et affirmant sa légitimité.
En conclusion, si le dialogue salarial reste un enjeu majeur pour l’égalité professionnelle, cela passe aussi par un changement de mentalités et par la capacité de chacune à oser. La récente étude de l’Apec met en évidence la nécessité pour les femmes d’affirmer davantage leur valeur, en évitant certains discours et en s’appuyant sur leurs preuves concrètes. Car, comme le montre le parcours de Julie, la reconnaissance se construit parfois pas à pas, grâce à une préparation rigoureuse et une confiance renforcée.
