Une réforme majeure des tickets-restaurant, dispositif utilisé par plus de 5 millions de salariés en France, est en préparation pour 2026. Avec un marché dépassant les 10 milliards d’euros et près de 244 000 établissements partenaires, l’impact économique de cette mesure explique l’attention portée à chaque étape de son développement. La présentation de la réforme au Parlement est prévue d’ici l’été 2026, avec une adoption espérée avant la fin de l’année, ce qui impactera directement les pratiques des ressources humaines dès 2027.
Le changement principal concerne l’usage en grande distribution, introduit en 2022 pour faire face à l’inflation, qui devait prendre fin en décembre 2026 mais sera finalement pérennisé dans la loi, renforçant ainsi l’utilisation en supermarché. Ce glissement vers une consommation alimentaire accrue est attesté par les chiffres : fin 2024, 31,5 % des dépenses en tickets-restaurant étaient réalisées dans les supermarchés, en progression de 9 points depuis 2022. Ce changement traduit une adaptation des comportements face à la montée des prix alimentaires.
La réforme vise à moderniser le dispositif tout en préservant ses avantages fiscaux, tout en répondant aux enjeux du pouvoir d’achat et aux évolutions des usages.
Plusieurs mesures concrètes seront déployées pour les bénéficiaires. Parmi elles, l’autorisation d’utiliser ses tickets le dimanche, contre une utilisation actuellement limitée du lundi au samedi. Par ailleurs, le plafond d’utilisation quotidien fixé à 25 euros sera maintenu, un montant devenu vital pour de nombreux salariés confrontés à la hausse des prix des produits alimentaires. La dématérialisation complète du dispositif constitue également une étape clé, puisqu’actuellement, 25 % des titres sont encore en format papier, et leur transition vers des cartes ou des applications numériques est programmée pour faciliter le suivi pour les employeurs. En plus, la possibilité de faire don de ses tickets à des associations pourrait ajouter une dimension sociale et renforcée dans les politiques RSE des entreprises.
Le gouvernement souhaite également encadrer strictement l’usage des tickets en limitant leur dépense aux commerces « essentiellement alimentaires », afin d’éviter certains détournements constatés ces dernières années. Cependant, cette réforme s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre restaurateurs et grande distribution. Ces derniers dénoncent un déséquilibre, avec 39,5 % des dépenses captées par la restauration en 2024, contre 31,5 % pour la grande surface, situation qui fragilise déjà un secteur en difficulté, avec jusqu’à 25 fermetures par jour. Certains proposent l’introduction d’un double plafond, avec 25 euros pour les restaurants et 15 euros pour la grande distribution, mais cette option reste à l’étude.
Sur le plan juridique, la réforme devra respecter le cadre du Code du travail, notamment en ce qui concerne les avantages fiscaux et sociaux, qui sont conditionnés au respect strict des règles d’usage. La prudence est de mise pour sécuriser cet équilibre fragile, d’autant que des appels au boycott des tickets-restaurant apparaissent déjà chez certains professionnels. Au final, cette réforme ambitionne d’adapter les tickets-restaurant aux usages réels tout en conservant leurs atouts fiscaux, ce qui complexifie leur gestion pour les ressources humaines. Comme le souligne une source, « la réforme poursuit un objectif clair : adapter les tickets-restaurant aux usages réels tout en préservant leur cadre fiscal ».
