Dans un contexte marqué par l’omniprésence de l’intelligence artificielle, une nouvelle controverse éclate autour de la sécurité aérienne et de la transparence des enquêtes. La National Transportation Safety Board (NTSB) a temporairement suspendu l’accès à son système de dossier après avoir découvert que des voix de pilotes morts lors d’un crash d’UPS l’année dernière avaient été reconstruites grâce à l’IA et circulaient sur Internet.
Traditionnellement, la NTSB est tenue par la loi fédérale de ne pas inclure de fichiers audio de la cabine de pilotage dans ses dossiers publics, qui renferment généralement des données d’investigation accessibles à tous. Cependant, dans le dossier de l’accident de ce vol, un fichier spectrogramme d’un enregistreur vocal a été trouvé, ce qui a permis la reconstitution du son à partir de cet image numérique.
Un spectrogramme est une représentation visuelle du signal sonore utilisant un traitement mathématique pour transformer les fréquences en une image. Le YouTuber Scott Manley, spécialisé en physique et en astronomie, a souligné sur X (anciennement Twitter) que cette image pouvait potentiellement permettre de reconstruire l’audio original. C’est ce que des internautes ont fait, en utilisant des outils d’IA comme Codex, pour créer des approximations de la voix des pilotes lors du crash du vol UPS 2976 à Louisville, Kentucky.
La situation soulève des questions éthiques et légales, à la fois sur la reconstruction de voix et sur la transparence des informations d’enquête.
Le 19 mai, la NTSB a rétabli l’accès à son système, mais elle a aussi décidé de conserver fermés 42 dossiers en attente de révision, y compris celui de l’incident du vol UPS 2976. Cette décision intervient dans un contexte où les capacités de l’IA à manipuler et recréer des contenus sensibles suscitent de vifs débats dans l’industrie de l’aviation et au-delà.
En définitive, cette affaire illustre la menace que représente l’utilisation malveillante ou non réglementée de l’IA pour toucher à la vie privée et à la mémoire des personnes décédées, tout en soulignant la nécessité d’établir des règles claires pour la gestion des données sensibles dans le cadre des enquêtes publiques.
