Selon le rapport annuel de l’université de Stanford sur l’industrie de l’intelligence artificielle, la divergence entre l’opinion des experts en IA et celle du public s’accentue. Alors que les spécialistes du secteur semblent optimistes quant aux bénéfices futurs de cette technologie, une majorité de la population, notamment aux États-Unis, exprime des inquiétudes croissantes sur ses impacts sociétaux, tels que l’emploi, les soins médicaux ou encore la facture énergétique.
Ce phénomène s’accompagne d’une montée du sentiment négatif à l’égard de l’IA, en particulier chez la génération Z, qui, selon un récent sondage Gallup, est de moins en moins optimiste et de plus en plus en colère face à cette technologie. Malgré le fait que la moitié de cette population utilise l’IA régulièrement, leurs craintes portent principalement sur leur pouvoir d’achat et le coût de l’énergie, plutôt que sur des scénarios de science-fiction comme Skynet. Certains acteurs technologiques, étonnés par cette antimétanisation, semblent déconnectés de cette réalité, tandis que d’autres, comme OpenAI ou Anthropic, mettent en garde contre une inertie qui pourrait nuire à la société.
La majorité du public s’inquiète davantage de leur emploi et de leur facture d’énergie que de scénarios apocalyptiques liés à l’IA.
Ce décalage s’est aussi manifesté lors des attaques contre le domicile du PDG d’OpenAI, Sam Altman, où la réaction en ligne a été marquée par l’étonnement et une certaine incompréhension, voire une logique de radicalisation. En comparant ces réactions à celles qui avaient suivi d’autres actes violents ou de révolte en ligne, le rapport souligne une évolution inquiétante de la perception publique, alimentée par des discours en partie extrémistes ou alarmistes sur les réseaux sociaux.
Les données compilées dans le rapport révèlent que, malgré une perception globale plutôt négative, certains bénéfices de l’IA tendent à être mieux acceptés chez les experts que chez le grand public. Par exemple, 84 % des spécialistes estiment que l’IA aura un impact positif sur les soins médicaux dans deux décennies, contre seulement 44 % des Américains. L’écart se confirme aussi dans la perception de l’impact sur l’emploi : si 73 % des experts voient une amélioration, seulement 23 % du public partage cet avis, tandis que 64 % pensent que l’IA entraînera une réduction des emplois.
La méfiance à l’égard de la régulation par le gouvernement américain est également notable, avec seulement 31 % de confiance, un chiffre inférieur à celui de Singapour (81 %). Sur le plan réglementaire, 41 % des Américains pensent que les lois fédérales sur l’IA ne seront pas assez strictes, contre 27 % qui craignent qu’elles aillent trop loin. Malgré ces tensions, une tendance positive apparaît, puisque le pourcentage de personnes pensant que l’IA apporte davantage d’avantages que d’inconvénients a augmenté légèrement de 55 % en 2024 à 59 % en 2025. Cependant, la croissance de ceux qui se disent nerveux ou inquiets face à l’IA est également notable, passant de 50 % à 52 % en un an.
