Le “CDII” devait permettre de sécuriser les intérimaires mais seuls 7% d’entre eux en bénéficient (il ne favorise pas tant que ça leur insertion)

Le contrat à Durée Indéterminée Intérimaire (CDII), mis en place en 2013, avait pour ambition de garantir une stabilité aux travailleurs intérimaires en leur assurant un salaire minimum entre deux missions. Pourtant, près de dix ans après sa création, peu d’intérimaires ont bénéficié de ce dispositif. Une étude récente du service statistique du ministère du Travail, publiée le mercredi 6 mai, met en lumière l’impact limité du CDII sur l’accès à une véritable stabilité professionnelle.

Selon la Dares, fin 2024, seulement 52.000 personnes, soit 7% des travailleurs intérimaires, étaient titulaires d’un CDII. Ce contrat, signé entre une agence d’intérim et un salarié, offre des droits similaires à ceux d’un CDI, comme une rémunération garantie durant l’intermission et des congés payés. Toutefois, il reste relativement rare, notamment car il est principalement proposé aux profils déjà bien insérés sur le marché du travail : ceux qui exercent dans des métiers industriels, avec un historique d’expériences prolongées en intérim, et proches de l’emploi stable.

Les effets du CDII sur l’insertion professionnelle restent faibles, même pour ceux qui en bénéficient, et n’apportent pas de réelle amélioration en termes de stabilité ou de rémunération future.

L’étude souligne que cette sélection stratégique des bénéficiaires limite l’impact global du dispositif. En effet, en comparant ces titulaires à un groupe d’intérimaires aux caractéristiques proches, il apparaît qu’ils ont seulement 6% de chances supplémentaires de décrocher un CDI dans les trois années qui suivent. Autrement dit, le CDII propose un avantage marginal, surtout pour ceux qui étaient déjà en bonne voie de stabilisation professionnelle.

En conclusion, si le CDII paraît être une avancée sur le papier pour la sécurisation de l’emploi intérimaire, ses effets restent faibles et limités à une élite déjà privilégiée du marché du travail. La difficulté pour les salariés d’accéder à une rémunération plus lucrative ou à une véritable stabilité professionnelle demeure donc une réalité persistante, et ce dispositif ne constitue pas une solution miracle face à la précarité des intérimaires.

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