Un développeur connu sous le pseudonyme ThroatyMumbo a réussi à réaliser une prouesse technique originale : faire fonctionner Windows CE 2.11, un système d’exploitation allégé de Microsoft destiné aux appareils embarqués, directement sur une console Nintendo 64. Contrairement aux émulateurs classiques, il ne s’agit pas simplement d’émuler un environnement Windows, mais bien d’installer une version fonctionnelle du système sur la console elle-même, qui démarre sur un “bureau” complet avec barre des tâches, explorateur de fichiers et la capacité de lancer des programmes.
La Nintendo 64 et Windows CE semblent a priori incompatibles, car la console utilise un processeur MIPS et un système propriétaire de Nintendo, alors que Windows CE était conçu initialement pour tourner sur des appareils embarqués, notamment des assistants personnels, avec des caractéristiques techniques assez proches, notamment une capacité mémoire limitée à 1 Mo de RAM. ThroatyMumbo a donc exploité cette compatibilité en adaptant la couche d’abstraction matérielle (HAL) de Windows CE, qu’il a entièrement réécrite pour la N64, en partant d’une base d’inspiration provenant d’un ancien assistant, le IBM Workpad Z50.
“Ce qui marche est franchement bluffant : déplacer les fenêtres, naviguer dans les fichiers, lancer des programmes, et même afficher une démo 3D — une illustration de ce que la technique permet, même dans un contexte absurde.”
Pour la mise en œuvre, le kernel de Windows CE n’a pas été modifié : tout le travail a porté sur la couche HAL, qui assure la communication entre le système et le matériel. La manette de la N64 est réutilisée comme une souris, le bouton A comme clic gauche, le B comme clic droit, et la cartouche EverDrive-64 X7 fonctionne comme un disque dur virtuel. La puce graphique de la console affiche même des démos en 3D, exploitant pleinement ses capacités pour un rendu graphique, même si certains éléments comme le clavier, le réseau ou le SDK officiel de Windows CE sont absents ou inutilisables dans cette configuration.
Malgré cette prouesse technologique, l’utilisation pratique de cette installation reste limitée : elle n’a pas d’utilité concrète ni de but pratique, puisque la console ne peut sortir de ses fonctionnalités de base. Cependant, cette réalisation démontre que, d’un point de vue technique, il est possible de faire fonctionner un Windows complet sur une console de jeu, simplement en adaptant la couche matérielle. Ce projet, à la fois absurde et fascinant, illustre la créativité et la maîtrise technique que peut susciter la communauté des hackeurs et développeurs passionnés.
