À Saint-Denis (93), une nouvelle structure innovante propose une formation accélérée de trois mois pour former des auxiliaires de vie, en utilisant un appartement pédagogique grandeur nature. Ce modèle, basé sur la méthode du « faire », est financé par les employeurs et vise à répondre à la pénurie croissante de professionnels du maintien à domicile. La démarche s’inscrit dans une logique de formation pratique et immersive, offrant aux stagiaires une expérience concrète dans un environnement simulant le quotidien des personnes âgées ou dépendantes.
Tout est parti d’une situation familiale banale. En cherchant une auxiliaire de vie pour sa mère, Cyril Pierre de Geyer a été confronté à un paradoxe en France : bien que 90 % des personnes âgées souhaitent rester à domicile le plus longtemps possible, et que les familles évitent souvent l’entrée en maison de retraite, le manque de professionnels qualifiés demeure criant. Ce constat a motivé la création de l’École du Soin, qui ouvrira sa première promotion de 35 stagiaires le 15 juin 2026 à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.
Forte de l’expérience précédente avec l’École Gustave, spécialisée dans les métiers du BTP, cette nouvelle initiative entend révolutionner la formation des auxiliaires de vie en privilégiant le « faire » et l’immersion sur le terrain. La formation s’effectue dans un appartement pédagogique, où les stagiaires peuvent pratiquer les gestes professionnels et développer leurs compétences dans un cadre réaliste. La proximité avec le terrain et l’implication des employeurs dans le financement permettent une insertion plus fluide et efficace des jeunes dans le monde du travail.
Ce dispositif innovant mise sur l’apprentissage pratique pour répondre à la pénurie tout en préparant directement les jeunes à l’emploi.
Ce projet témoigne d’un changement de paradigme dans la formation professionnelle, privilégiant la mise en situation réelle plutôt que la simple théorie. Les acteurs locaux, notamment les employeurs, voient dans cette initiative une occasion de former rapidement des professionnels qualifiés et opérationnels, capables de répondre aux besoins croissants de maintien à domicile. La démarche pourrait également inspirer d’autres régions en France, face à la difficulté de recruter dans ce secteur en tension.
En conclusion, cette nouvelle école s’inscrit dans une logique pragmatique, qui vise à intertwiner formation et emploi, afin de favoriser l’insertion et lutter contre la pénurie de personnel soignant à domicile. Une initiative qui pourrait bien transformer durablement le secteur et améliorer la qualité de vie des personnes âgées tout en offrant de nouvelles perspectives professionnelles aux jeunes.
