Apple adopte une position ferme à l’encontre des applications de vibe-coding, en bloquant leurs mises à jour ou en les retirant complètement de l’App Store. Parmi les applications affectées figurent Replit, Vibecode et Anything. Si Replit et Vibecode ont vu leurs mises à jour suspendues, Anything a été supprimée à deux reprises, ce qui pousse la société à explorer de nouvelles solutions pour permettre à ses utilisateurs de créer des applications mobiles. L’entreprise envisage notamment de proposer une version desktop de ses services, afin de faciliter la création d’applications pour ordinateurs et smartphones.
Dhruv Amin, cofondateur de Anything, a confié à TechCrunch que son application a été retirée par Apple le 26 mars dernier. Depuis cette date, l’équipe a tenté en vain de faire réexaminer son application, malgré une brève période durant laquelle celle-ci avait été réintégrée. Selon Amin, la société a tenté de résoudre ce différend en privé, via e-mails, appels et réécritures techniques, pour se conformer aux exigences d’Apple. Pourtant, elle se retrouve toujours dans l’impasse face à la politique restrictive d’Apple.
Apple a expliqué que la suppression de l’application était basée sur la clause 2.5.2 de son contrat de développeur, qui interdit aux applications de télécharger, d’installer ou d’exécuter du code de manière non autorisée. Selon un e-mail partagé par Anything sur X, la société a été informée que son application était perçue comme un risque potentiel, car elle pouvait permettre à des utilisateurs de créer et de sideloader des applications malveillantes ou frauduleuses. Malgré cette explication, la société affirme qu’elle a toujours essayé de s’adapter aux critères d’Apple sans succès.
“Apple a retiré notre application parce qu’elle pourrait être utilisée pour télécharger du code malveillant, même si notre objectif était simplement de permettre aux développeurs de voir leur application en développement sur leur propre appareil.”
Après avoir réussi à faire réintégrer son application momentanément, Anything a de nouveau été exclue de l’App Store, cette fois parce qu’Apple lui a interdit de se présenter comme un créateur d’apps, empêchant ainsi toute promotion de leur service comme générateur d’applications natives iOS. Ce combat juridique et technique amène la société à innover autrement : en lançant une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de créer des applications via la plateforme iMessage, ainsi qu’en développant une version desktop pour coder sur ordinateur. Dhruv Amin envisage également d’explorer le système Android de Google, plus ouvert, pour contourner ces restrictions.
Le débat autour des pratiques d’Apple dans le domaine des outils de développement n’est pas nouveau. Tim Sweeney, PDG d’Epic Games, a récemment critiqué la société sur X : « Apple doit cesser de bloquer les outils de développement dès que possible », rappelant que cette stratégie va à l’encontre des principes fondamentaux d’Apple tels qu’exprimés par Steve Wozniak, qui considérait la programmation comme une activité accessible à tous. La récente hausse de 84 % des soumissions d’applications grâce à des outils alimentés par l’intelligence artificielle, selon The Information, pourrait également pousser Apple à revoir ses processus de revue manuelle pour répondre aux attentes croissantes des développeurs et des utilisateurs.
