Selon les dernières statistiques de l’Insee, l’emploi salarié en France est resté quasi-stable au premier trimestre 2026. Le secteur privé a connu une légère diminution de 0,1%, soit la perte de 13.900 emplois, tandis que le secteur public a enregistré une petite hausse de 0,1%, avec environ 9.000 emplois supplémentaires. Ces chiffres, confirmés par l’institut la semaine dernière, témoignent d’une stabilité relative malgré un contexte international marqué par les tensions au Moyen-Orient.
Sur une période d’un an, l’emploi salarié dans son ensemble diminue de 0,2%, ce qui représente une perte de 47.600 emplois. Toutefois, cette baisse n’affecte pas le niveau d’avant la crise sanitaire de 2019, puisque l’on note un surplus de 1,2 million d’emplois (+4,7%) par rapport à cette période. Le secteur privé a été le plus touché avec une perte de 60.700 emplois, alors que la Fonction publique a créé 13.200 emplois au cours de l’année. La distinction entre contractuels et titulaires se poursuit, ce qui traduit une évolution structurelle dans la gestion de la fonction publique.
« Malgré la guerre au Moyen-Orient, l’économie française semble particulièrement résiliente à court terme, avec une stabilité de l’emploi qui masque pour l’instant ses répercussions potentielles. »
Pour la première fois, l’Insee a également communiqué sur l’emploi non salarié, qui inclut notamment les auto-entrepreneurs. Il continue de croître de manière notable, avec une augmentation de 0,6% au premier trimestre, soit 20.900 emplois, et s’inscrit dans une progression annuelle de 2,3% (+80.000 emplois). Ce dynamisme, conjugué à la stabilité du secteur salarié, montre un marché du travail modulable face aux tensions internationales.
Le marché de l’emploi présente cependant des disparités significatives selon les catégories d’âge. Si l’emploi total, qui intègre salariés et non-salariés, reste stable, la répartition par âge montre un recul pour les jeunes de 15 à 29 ans (-0,2% sur le trimestre, -1,3% sur un an). En revanche, l’emploi des seniors (55 ans et plus) progresse de 0,7% sur le trimestre et de 2,8% sur un an, témoignant d’une extension progressive du travail après 55 ans. La stabilité observée dans l’ensemble du marché masque donc des tendances spécifiques qui pourraient évoluer avec la conjoncture internationale.
Alors que la situation géopolitique s’intensifie, notamment avec le conflit en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz en mars dernier, les experts restent prudents quant à l’impact économique à venir. Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE, estime que « ce qui se passe économiquement et sur l’emploi risque d’être beaucoup plus visible au deuxième trimestre » et prévient que les effets de ces tensions pourraient se faire sentir davantage dans les prochains mois.
