Le projet de loi du gouvernement visant à autoriser certains artisans, tels que les boulangers et fleuristes, à faire travailler leurs salariés le 1er mai suscite une forte opposition syndicale. Les cinq principales organisations syndicales représentatives – CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC – ont toutes exprimé un avis défavorable à cette initiative, estimant qu’elle portait atteinte aux droits des salariés. La proposition consiste à permettre, sur la base d’accords de branche, à ces artisans d’ouvrir le 1er mai, une journée traditionnellement consacrée au repos ou aux célébrations liées au travail.
Concrètement, le projet prévoit que seuls les salariés volontaires, ayant donné leur accord écrit, puissent travailler ce jour-là, et ce, avec une rémunération doublée. Jusqu’à présent, seuls les artisans eux-mêmes, ainsi que leur famille, étaient autorisés à exercer cette journée. La mesure a été conçue pour répondre à une demande de certains commerçants indépendants, mais elle soulève de vives protestations du côté des représentants du personnel. Pour la CFDT, par exemple, cette proposition, bien que limitée dans son cadre, demeure “négative” face à l’atteinte potentielle aux droits fondamentaux des salariés.
“Les syndicats considèrent que le projet de loi porte atteinte aux droits des salariés et n’apporte pas de réponse satisfaisante aux enjeux sociaux liés au 1er mai.”
Ce débat s’inscrit également dans un contexte plus large, marqué par l’abandon d’une proposition de loi initiale portée par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, qui aurait permis à un plus grand nombre de commerces d’ouvrir ce jour-là. Le gouvernement a ainsi décidé d’un cadre restreint pour cette mesure, en limitant la possibilité d’ouverture aux artisans boulangers et fleuristes, tout en insistant sur le volontariat et la rémunération double. Le président de la CFE-CGC, François Hommeril, a affirmé qu’un avis favorable n’était pas justifié face à un projet qui remet en cause des droits sociaux existants, tout en reconnaissant les efforts déployés par certains ministres pour trouver un compromis.
Les autorités ont annoncé que, même si le texte ne sera pas adopté avant le 1er mai 2026, les salariés du secteur concerné pourront déjà travailler ce jour-là sous certaines conditions. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a précisé qu’ils devront être volontaires et bénéficier d’une rémunération doublée, tout en insistant sur l’indépendance des inspections du travail pour respecter cette réglementation. La consigne pour les commerçants est claire : respecter ces conditions afin d’éviter toute sanction ou amende en cas de contrôle.
“Les syndicats restent fermes dans leur opposition, qualifiant cette mesure de remise en cause de droits fondamentaux.”
