GRAI croit que l’IA peut rendre la musique plus sociale, pas remplacer les artistes

Alors que les startups actuelles dans le domaine de la musique assistée par intelligence artificielle, telles que Suno et Udio, proposent des technologies qui génèrent de la musique à l’aide de l’IA, une nouvelle entreprise, GRAI, adopte une approche différente. Selon cette société, la majorité des utilisateurs ne souhaitent pas créer de la musique entièrement à partir de rien grâce à l’IA, mais préfèrent plutôt remix leur musique favorite, la partager avec leurs amis ou simplement jouer avec des morceaux en modifiant leur style pour s’amuser. Cette vision s’appuie sur la conviction que les artistes doivent conserver le contrôle sur l’utilisation de leurs œuvres, quels que soient les usages, notamment en ce qui concerne la modification ou le remix de leurs tracks.

GRAI, financée aujourd’hui par une levée de fonds de 9 millions de dollars lors d’un tour d’amorçage, souhaite remettre ce contrôle entre les mains des artistes tout en exploitant le potentiel de l’IA pour transformer la façon dont les consommateurs interagissent avec la musique. Fondée par des entrepreneurs biélorusses ayant précédemment vendu leur application de création vidéo VOCHI à Pinterest, la société expérimente déjà avec différents produits IA liés à la musique. Parmi ceux-ci, on trouve une application de remix pour iOS nommée Music with Friends, ainsi qu’un autre espace de jeu musical alimenté par l’IA pour Android. Ces applications, ainsi que celles qui pourraient voir le jour, permettront à GRAI d’observer comment le public souhaite interagir avec la musique, au-delà de la simple création ou écoute assistée par IA.

L’objectif est de construire un avenir où artistes et labels ont la possibilité de choisir s’ils veulent que leurs œuvres soient remixées ou modifiées, tout en favorisant des interactions sociales autour de la musique.

Selon Ilya Liasun, co-fondateur et PDG de GRAI, basé en Pologne, la principale motivation derrière la création de l’entreprise est que la musique demeure l’un des derniers secteurs de consommation encore peu orientés « créateur ». Le fondateur souligne que la découverte musicale est en crise, l’écoute passive étant devenue la norme et le contexte social quasi inexistant. Contrairement à certaines craintes, il ne voit pas l’IA comme une menace pour les artistes et les labels, mais plutôt comme un moyen de repenser l’engagement musical à travers de nouvelles façons, au-delà de la simple génération de morceaux.

Visant principalement la génération Z et Alpha, adeptes de la culture, des communautés de fans et des contenus courts sur TikTok, GRAI mise sur des interactions participatives plutôt que sur la création ou la production musicale traditionnelle. La société a développé sa propre infrastructure, incluant une « graph de goût » et un système permettant de préserver l’identité des morceaux originaux tout en leur apportant des modifications. L’objectif est également de collaborer avec les artistes et leurs labels pour rendre ces activités légales et bénéfiques pour tous, notamment en garantissant qu’un système de royalties puisse récompenser les créateurs originaux.

Les activités de remix et de modification de morceaux proposées par GRAI ne visent pas à produire une musique de masse indésirable, mais plutôt à encourager l’interaction et la découverte musicale. En permettant aux utilisateurs de jouer avec des morceaux via ses applications, la société espère aussi dynamiser la découverte de nouveaux artistes en dehors des géants du streaming comme TikTok ou YouTube. Cela pourrait ouvrir des portes à un modèle où la participation des fans contribue à une rémunération équitable pour tous, tout en respectant la volonté des artistes en matière de contrôle. La société, avec ses fondateurs Dima Kamarouski et Andrei Avsievich, continue d’engager des discussions avec les labels pour sécuriser ce nouveau modèle d’interaction musicale.

En conclusion, GRAI ambitionne de repenser l’utilisation de l’IA dans la musique comme un vecteur de socialisation plutôt que de remise en question des artistes, permettant ainsi de créer une expérience participative et respectueuse des auteurs. Avec son approche innovante et un financement solide, la société souhaite potentiellement transformer l’écosystème musical en rendant la participation plus accessible, tout en restant fidèle à une démarche éthique centrée sur le consentement et la légalité.

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