Pour la première fois les cadres ont été plus longtemps en arrêt maladie que les non-cadres : le taux d’absentéisme a atteint un nouveau record de 4,8% en 2025

Le taux d’absentéisme en France poursuit sa montée inexorable, atteignant 4,8% en 2025 selon le baromètre annuel publié par AXA. Ce chiffre, en hausse constante depuis la période prépandémique où il s’élevait à 3,2%, traduit une dégradation inquiétante de la santé des salariés, notamment depuis la crise du Covid-19. La progression de l’absentéisme s’inscrit dans une tendance qui ne faiblit pas, avec une augmentation de 50% par rapport à 2019, révélant des enjeux majeurs pour l’économie et la gestion des ressources humaines.

Les arrêts longs, notamment ceux de plus de deux mois, constituent une composante particulièrement problématique de cette hausse. Ces arrêts de longue durée, souvent liés à des troubles psychologiques, représentent désormais 38% des arrêts longs, en augmentation de 8% sur un an. La santé mentale des salariés est ainsi au cœur des préoccupations, avec une situation particulièrement alarmante chez les jeunes actifs. En effet, chez les moins de 30 ans, une personne sur deux en arrêt de longue durée cite des troubles psychiques comme cause principale. Ce taux grimpe même à 54% pour les 30-35 ans, illustrant un véritable sujet de société.

“La crise sanitaire a laissé une empreinte durable sur l’absentéisme, touchant toutes les catégories de salariés, mais particulièrement la jeunesse.”

Les tendances en matière d’absentéisme montrent aussi une disparité significative entre les sexes et les catégories professionnelles. Les femmes représentent aujourd’hui deux tiers des arrêts liés à des troubles de santé mentale, alors qu’elles restent statistiquement plus présentes chez les non-cadres avec un taux d’absentéisme supérieur à celui des hommes, qui s’établit à 3,9%. Par ailleurs, la situation évolue également chez les cadres. Bien que leur taux global d’absentéisme soit plus faible, la progression des absences longues y est notable, avec une hausse de 8% en 2025, la deuxième année consécutive de croissance. Il s’agit là d’un signe clair de l’impact durable de la crise sanitaire sur la santé mentale, touchant désormais aussi fortement cette catégorie, jusqu’alors relativement épargnée.

Une situation inédite concerne la durée moyenne des arrêts : pour la première fois cette année, celle des cadres dépasse celle des non-cadres lorsqu’on ne considère que les arrêts maladie (hors accidents et maladies professionnelles). La durée des arrêts très longs, en particulier, a augmenté de 8% chez les cadres, contre seulement 1% chez les non-cadres. Parmi les segments les plus touchés, les hommes cadres de 30 à 45 ans ont vu leur taux d’absentéisme bondir de 16%, un chiffre alarmant. Cette tendance met en lumière la gravité de la crise de santé mentale et son retentissement sur le monde du travail, redéfinissant la dynamique entre catégories professionnelles.

Malgré cette amplification chez les cadres, la majorité des salariés restent des non-cadres en termes de taux global d’absentéisme, qui demeure plus élevé chez les femmes (5,8%) que chez les hommes (3,9%). Le coût de ces absences a aussi explosé : en 2025, les arrêts maladie ont coûté près de 18 milliards d’euros à l’Assurance maladie, illustrant l’impact économique significatif de cette crise sanitaire chronique.

“La hausse de l’absentéisme, notamment chez les cadres, traduit une urgence sociétale et économique qu’il faut rapidement adresser.”

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