Alors que les outils d’IA pour le codage génèrent des milliards de lignes de code chaque mois, un nouveau défi émerge : assurer que les logiciels fonctionnent conformément aux attentes. Qodo, une startup basée à New York, se positionne sur ce créneau en développant des agents intelligents pour la révision, les tests et la gouvernance du code. Avec une levée de fonds de 70 millions de dollars lors d’un tour de série B dirigé par Qumra Capital, la société porte son financement total à 120 millions de dollars. D’autres investisseurs, tels que Maor Ventures, Phoenix Venture Partners, S Ventures, Square Peg, Susa Ventures, TLV Partners, Vine Ventures, ainsi que des personnalités du secteur comme Peter Welender (OpenAI) et Clara Shih (Meta), ont également participé à cette opération.
Qodo aspire à devenir une couche essentielle pour renforcer la confiance dans le code généré par l’IA, à une époque où les entreprises accélèrent l’adoption d’outils comme OpenClaw et Claude Code. Contrairement à la majorité des outils de revue de code basés sur l’analyse des modifications isolées, la plateforme de Qodo se concentre sur l’impact de ces changements dans l’écosystème global, intégrant des standards organisationnels, le contexte historique et la gestion des risques pour permettre aux entreprises de gérer plus sereinement leurs produits générés par l’IA.
« La génération rapide de code ne garantit pas sa fiabilité ou sa sécurité : la vérification et la gouvernance doivent évoluer pour accompagner cette croissance. »
Fondée en 2022 par Itamar Friedman, ancien co-fondateur de Visualead et ancien responsable de la vision par ordinateur chez Alibaba, Qodo tire ses inspirations de ses expériences passées. Friedman explique que ses expériences chez Mellanox, où il a travaillé sur l’automatisation de la vérification hardware à l’aide de l’apprentissage automatique, ainsi que son passage chez Alibaba, où il a observé l’évolution de l’IA vers des systèmes capables de raisonner en langage humain, l’ont conduit à cette nouvelle initiative. Il souligne que, dès 2021-2022, il est devenu évident que la génération et la vérification de code demanderaient des approches et des outils distincts, en raison de leur complexité différente.
Une étude récente montre que si 95 % des développeurs ne font pas entièrement confiance au code généré par l’IA, seulement 48 % le vérifient systématiquement avant de l’intégrer. Ce décalage souligne la nécessité pour les entreprises de renforcer leur processus de contrôle. Friedman insiste également sur le fait que les solutions actuelles, souvent centrées sur des modèles de langage (LLM), ne suffisent pas pour garantir la qualité et la gouvernance à long terme, car celles-ci dépendent fortement du contexte organisationnel et des décisions passées. Pour se démarquer, Qodo investit dans des performances et des innovations technologiques, notamment en étant classée en tête sur le benchmark de Martian’s Code Review, avec un score de 64,3 %, surpassant largement ses concurrents.
La société a récemment lancé Qodo 2.0, une plateforme multi-agent pour la revue de code, avec des outils capables d’adapter leur analyse aux standards spécifiques de chaque organisation. Elle travaille déjà avec plusieurs grandes entreprises, telles que NVIDIA, Walmart, Red Hat, Intuit et Texas Instruments, ainsi que des startups à forte croissance comme Monday.com et JFrog. Selon Friedman, nous vivons actuellement une transition majeure dans l’intelligence artificielle, passant d’un état statique à une véritable forme de ‘sagesse artificielle’, pour accompagner la montée en puissance des outils d’automatisation et de vérification dans le développement logiciel.
