#Tendances RH : le Ghost Growth et ses dangers

Le phénomène du ghost growth, ou croissance fantôme, se révèle comme une problématique majeure pour les politiques RH des entreprises modernes. Selon une étude récente menée par MonCVParfait, 65 % des salariés déclarent avoir connu une évolution de leur carrière sans réelle correspondance en termes de rémunération, de promotion ou d’élargissement de responsabilités. Cette tendance remet en question la sincérité des parcours professionnels proposés et soulève des inquiétudes quant à la confiance entre employeurs et employés.

En effet, plus de la moitié des salariés (53 %) estiment que leur carrière semble progresser, alors que dans les faits, leurs responsabilités ont augmenté sans que cela se traduise par une avancée concrète. Ce décalage crée une forme de désillusion et de frustration profonde, alimentée par un « growth theater » largement perçu par 66 % des respondents. Il s’agit d’un simulacre de développement professionnel, instauré sans résultats tangibles, qui fragilise la relation employeur-salarié et alimente la défiance structurelle.

« La progression artificielle nourrit la méfiance et remet en cause la crédibilité des politiques de développement des talents. »

Les chiffres sont édifiants : 78 % des salariés ont été assignés à de nouvelles missions sans toutefois bénéficier d’une promotion ou d’une hausse salariale cohérente. Une proportion alarmante (35 %) indique ne pas avoir été rémunérée à la hauteur des responsabilités supplémentaires, tandis que 53 % des employés se voient promettre une promotion qui n’est finalement pas concrétisée. Ce vécu alimente un sentiment d’injustice et de piégeage professionnel, qui s’accompagne d’un désengagement croissant.

Les conséquences émotionnelles du ghost growth ne doivent pas être négligées : 23 % des salariés ressentent une forte frustration, 20 % rencontrent un épuisement professionnel, et 16 % ont déjà entamé une recherche d’emploi suite à une progression perçue comme factice. Par ailleurs, 68 % ont envisagé de quitter leur poste en raison de cette stagnation déguisée, illustrant un risque accru de turnover et une dégradation du contrat psychologique, essentiel à la fidélisation des talents.

Pour les responsables RH, ces données constituent un signal d’alarme. La nécessité de repenser en profondeur la manière dont la progression est structurée et valorisée devient impérative. Les attentes concrètes des salariés tournent principalement autour d’une rémunération adaptée (27 %), d’un meilleur équilibre vie professionnelle-vie personnelle (18 %), ou encore d’un parcours de promotion clair (16 %). La simple attribution d’un nouveau titre ou d’un projet supplémentaire ne suffit plus à satisfaire ces exigences ou à maintenir l’engagement. La transparence et la formalisation des parcours professionnels doivent devenir des priorités pour restaurer la confiance et éviter que la croissance ne devienne un théâtre vide.

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