OpenAI dévoile plus de détails sur son accord avec le Pentagon

Selon le PDG de OpenAI, Sam Altman, l’accord de l’entreprise avec le Département de la Défense aurait été « définitivement précipité » et l’ensemble du processus pourrait donner une mauvaise image. En effet, après l’échec des négociations entre Anthropic et le Pentagone, les autorités américaines ont immédiatement réagi en ordonnant la cessation d’utilisation de la technologie d’Anthropic par toutes les agences fédérales, après une période de transition de six mois. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a également désigné Anthropic comme un risque dans la chaîne d’approvisionnement. À la suite de cette situation, OpenAI a rapidement annoncé avoir conclu un nouvel accord permettant le déploiement de ses modèles dans des environnements classifiés.

Dans le même temps, Anthropic a mis en avant ses « lignes rouges », notamment en refusant l’usage de ses technologies dans des systèmes d’armes autonomes ou pour une surveillance intérieure de masse. De son côté, Sam Altman a affirmé que OpenAI appliquait également ces mêmes principes et ces lignes rouges, ce qui soulève de nombreuses questions quant à la sincérité des engagements de la société en matière de sécurité. En réponse, l’entreprise a publié un billet de blog détaillant sa démarche, précisant notamment trois domaines d’interdits clairs : la surveillance de masse, les armes autonomes et les décisions à enjeux élevés comme les systèmes de « crédit social ».

OpenAI explique que, contrairement à d’autres acteurs du secteur qui ont réduit ou supprimé leurs garde-fous, elle maintient une approche multi-couches pour garantir la sécurité, incluant une gestion stricte de leur infrastructure et de leurs contrats.

L’entreprise insiste sur le fait que ses protections dépassent le simple cadre contractuel, grâce à une gouvernance interne rigoureuse, à un déploiement via cloud sous contrôle, ainsi qu’à la présence de personnel d’OpenAI dans le processus de supervision. Elle souligne également que ses mesures de sécurité sont renforcées par la législation américaine en vigueur. La société a notamment exprimé son espoir que ses concurrents, comme Anthropic, considerent également ces protocoles, sans expliquer pourquoi l’un a réussi à conclure un accord tout en étant plus réservé sur ses garanties. La question de la véritable nature de ces accords, notamment leur conformité à la loi, reste donc ouverte.

Après la publication de ce billet, des analystes comme Mike Masnick de Techdirt ont questionné la portée réelle de l’accord, affirmant qu’il pourrait en fait autoriser des activités de surveillance domestique de masse. Selon lui, la mention de la conformité avec l’Executive Order 12333 pourrait laisser la porte ouverte à des pratiques de surveillance effectivement intrusives mais déguisées, sous prétexte de légalité. Pour sa part, Katrina Mulligan, responsable des partenariats de sécurité nationale chez OpenAI, a démenti toute interprétation alarmiste, insistant sur le fait que la conception et l’architecture du déploiement cloud permettent à l’entreprise de limiter l’usage de ses modèles dans des contextes sensibles comme les systèmes d’armes ou les capteurs militaires.

Enfin, Sam Altman a reconnu que cet accord avait été conclu dans l’urgence, ce qui a suscité une importante controverse et une réaction négative sur les réseaux sociaux, notamment avec le fait que l’application ChatGPT d’OpenAI a été dépassée par la version d’Anthropic, Claude, sur l’App Store d’Apple. Interrogé sur sa décision, Altman a expliqué qu’il voulait avant tout désamorcer la tension et que la proposition commerciale lui semblait favorable à l’industrie, même si cette précipitation pouvait donner une image de négligence. En définitive, la question demeure : OpenAI prétend contrôler ses usages grâce à une architecture cloud et à une gouvernance stricte, mais la légalité et la portée réelle de ces accords restent à confirmer.

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