Le groupe Prisma Media, acteur majeur de la presse magazine en France avec des titres emblématiques tels que Femme Actuelle, Geo, Voici, et Télé-Loisirs, s’apprête à mettre en œuvre un plan de départs massifs. Annoncé à la fin de l’année 2025, ce plan pourrait toucher jusqu’à 240 postes, soit environ un tiers des employés de l’entreprise. La décision intervient trois mois après la reprise en main du groupe par des proches du milliardaire Vincent Bolloré, dans un contexte déjà marqué par des tensions économiques et sociales.
Selon les déclarations des syndicats, notamment celle du délégué CGT Emmanuel Vire, la direction aurait initialement proposé une rupture conventionnelle collective, qui a été rejetée par les représentants du personnel en raison du nombre trop élevé de suppressions d’emplois envisagées. Suite à ce refus, la direction a confirmé qu’une négociation d’un plan social allait être engagée, ce qui pourrait aboutir à la suppression de 230 à 240 emplois. La date de présentation officielle de ce plan est encore à prévoir pour le premier trimestre 2026.
Les salariés qualifient la démarche de « rouleau compresseur » et dénoncent un manque de transparence sur l’avenir stratégique de Prisma Media.
Ce plan intervient dans un contexte de crise des médias traditionnels, exacerbé par la baisse du lectorat des magazines et la diminution des revenus digitaux. La direction, quant à elle, met en avant “l’érosion du nombre de lecteurs” et la nécessité de s’adapter à un marché en mutation, ce qui explique cette vaste restructuration. La société a aussi subi une controverse suite à la création d’une société des journalistes (SDJ) pour s’opposer à ce qu’ils perçoivent comme une possible orientation éditoriale idéologiquement influencée.
En plus des suppressions d’emplois, Prisma Media a récemment connu des remaniements à ses plus hauts niveaux, avec l’arrivée de Serge Nedjar à la tête des rédactions du groupe et la création de tensions liées à des interrogations sur une éventuelle intervention dans la ligne éditoriale des magazines. La profession s’interroge ainsi sur les véritables motivations derrière ces mesures, alors que la société traverse une période de transition difficile.
Malgré une tentative d’éloigner le conflit via une rupture conventionnelle collective, la direction semble déterminée à réduire ses effectifs face à la chute des revenus et à une défiance croissante des salariés.
