Une récente étude menée par des chercheurs de l’ETH Zurich révèle qu’un modèle linguistique de grande taille (LLM), coûtant seulement entre 1 et 4 dollars par profil, peut identifier 90 % des utilisateurs anonymes en analysant leur style d’écriture. Sur des plateformes telles que Hacker News, Reddit et LinkedIn, la réussite globale atteint 67 %, ce qui est alarmant pour ceux qui croyaient encore préserver leur anonymat en ligne.
Le processus consiste à créer un profil comportemental à partir de commentaires publics, puis à le faire correspondre à une base de milliers de profils pour retrouver l’identité réelle de l’utilisateur. La technique repose sur la création d’un “portrait-robot” de ses habitudes, centres d’intérêt et style d’écriture, rendant l’anonymat en ligne largement vulnérable, même sans ressources gouvernementales sophistiquées. En résumé, il est désormais possible, à moindre coût, de briser l’anonymat numérique de façon efficace et rapide.
Ce qui est profondément inquiétant, c’est que cette technologie ouvre la porte à une surveillance accrue, aux arnaques d’ingénierie sociale ciblée, et à la traque de journalistes ou activistes dissimulés derrière des pseudonymes.
Concrètement, l’étude a analysé 338 profils sur Hacker News avec un investissement total d’environ 2 000 dollars. Sur ces profils, 226 ont été identifiés avec précision, tandis que 25 sont des erreurs et 86 ont été classés comme “abstentions” lorsque le système doutait. Avec un coût très faible, cette méthode augmente considérablement le risque pour la vie privée de millions d’utilisateurs, en rendant l’anonymat quasiment impossible dès lors qu’on poste régulièrement en ligne.
Les chercheurs ont appliqué cette même démarche à des profils anonymes sur d’autres plateformes comme LinkedIn ou Reddit, obtenant des résultats similaires. Ce qui soulève une question cruciale : si quelques dollars suffisent pour mettre fin à votre pseudonymat, jusqu’où ira cette technologie dans la manipulation, la surveillance ou même la répression ? En ce sens, cette avancée technologique pourrait transformer radicalement notre rapport à l’anonymat numérique et à la vie privée en ligne.
