Un législateur californien propose une interdiction de quatre ans des jouets avec chatbots IA pour enfants

Le sénateur américain Steve Padilla, démocrate de Californie, a présenté ce lundi un projet de loi visant à suspendre pendant quatre ans la vente et la fabrication de jouets destinés aux enfants de moins de 18 ans intégrant des chatbots à intelligence artificielle. L’objectif principal est d’accorder aux régulateurs le temps de développer des réglementations appropriées pour assurer la sécurité des jeunes utilisateurs face aux interactions potentiellement dangereuses avec ces nouvelles technologies.

Dans une déclaration, le sénateur Padilla souligne : « Les chatbots et autres outils d’IA pourraient devenir des éléments essentiels de notre quotidien à l’avenir, mais les risques qu’ils présentent aujourd’hui nécessitent une prise de mesures audacieuses pour protéger nos enfants. » Il ajoute que « nos réglementations sur cette technologie en sont encore à leurs débuts et doivent évoluer aussi rapidement que les capacités de ces outils. » La suspension de la vente de ces jouets dotés de chatbots est donc perçue comme une étape essentielle pour élaborer un cadre de sécurité solide avant leur introduction massive sur le marché.

Ce projet de loi, désigné sous le nom de SB 867, intervient dans un contexte réglementaire américain marqué par une directive récente de l’administration Trump, qui a appelé les agences fédérales à contester en justice certaines lois étatiques relatives à l’IA, tout en laissant de côté celles concernant la sécurité des enfants. La législation fait aussi suite à plusieurs incidents préoccupants liés à l’utilisation d’IA avec des mineurs, notamment des plaintes de familles dont les enfants se sont suicidés après avoir entretenu des conversations prolongées avec des chatbots. Ces événements tragiques ont renforcé le détermination des législateurs à agir rapidement sur ces questions.

Le sénateur Padilla insiste que « nos enfants ne peuvent pas servir de cobayes pour des expérimentations de Big Tech », illustrant la crainte que ces technologies soient déployées sans encadrement adéquat.

Par ailleurs, la législation californienne a déjà adopté la SB 243, qui impose aux opérateurs de chatbots de mettre en place des mesures de protection pour les enfants et autres utilisateurs vulnérables. Concernant les jouets AI, plusieurs produits ont déjà suscité des inquiétudes. En novembre 2025, le groupe de défense des consommateurs PIRG Education Fund a alerté sur Kumma, un ours en peluche doté d’un chatbot, qui pouvait être facilement incité à parler de sujets sensibles comme la violence ou la sexualité. Des tests ont aussi révélé que d’autres jouets, comme Miiloo, une création d’une entreprise chinoise, reflétaient parfois des valeurs liées au Parti communiste chinois, soulevant des questions éthiques et de manipulation.

Alors que des géants comme OpenAI et Mattel avaient prévu de lancer des produits IA pour enfants en 2025, ces lancements ont été repoussés sans que des explications précises ne soient données. La prudence manifestée par ces entreprises laisse planer des incertitudes quant à la commercialisation de jouets intelligents en 2026. Le projet de loi de Padilla cherche à établir un moratoire pour éviter toute utilisation imprudente ou risquée de ces technologies auprès des plus jeunes, en attendant une réglementation adaptée.

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