Une proposition de loi visant à élargir la possibilité d’ouverture des commerces le 1er-Mai suscite une forte opposition en France. Actuellement, cette journée est considérée comme un jour férié et chômé pour la majorité des salariés, sauf dans certains cas très précis, notamment pour les commerçants de proximité ou les artisans, qui peuvent ouvrir sous conditions. La nouvelle initiative, portée par le gouvernement et notamment par Gabriel Attal, souhaite permettre à plusieurs secteurs, comme la boulangerie, les fleuristes, ou encore la vente de produits alimentaires au détail, d’ouvrir leur boutique cette journée sur la base du volontariat.
Les protagonistes de cette démarche, qui prévoit une majoration salariale doublée pour ceux travaillant le 1er-Mai, argumentent qu’il s’agit d’une adaptation nécessaire face à l’évolution économique et commerciale. Cependant, cette proposition rencontre une opposition farouche des syndicats. Huit organisations syndicales, dont la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’Unsa, la FSU et Solidaires, ont écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui demander de renoncer à la convocation d’une commission mixte paritaire afin d’adopter rapidement cette loi. Elles soulignent que la modification du caractère de ce jour emblématique intervient de manière brutale, remettant en cause des conquêtes sociales majeures.
Les syndicats insistent sur l’importance de respecter la démocratie sociale face à une réforme qui pourrait modifier en profondeur un symbole social et historique.
En réponse à cette mobilisation, le gouvernement a rassuré en affirmant qu’”il n’y aura pas de passage en force”. Le Premier ministre a demandé au ministre Jean-Pierre Farandou de rencontrer rapidement les syndicats et de travailler avec eux à un périmètre très précis pour cette ouverture, notamment pour les commerces de proximité tels que les boulangeries, fleuristes ou boucherie. La réunion prévue demain soir doit aboutir à un consensus permettant de baliser la mise en œuvre de la loi tout en respectant la démocratie sociale.
Il est également à noter que, malgré la volonté de réforme, le texte actuel précise que le 1er-Mai reste une journée “fériée et chômée”. À ce jour, seul le commerçant ou ses membres de famille peuvent ouvrir en ce jour, mais aucun salarié ne peut être mobilisé sans risquer des amendes allant de 750 à 1.500 euros par salarié concerné. Lors du débat à l’Assemblée nationale, les députés macronistes ont adopté une motion de rejet de leur propre proposition, cherchant ainsi à contourner la complexité liée aux nombreux amendements déposés par la gauche pour pouvoir appliquer la loi dès cette année.
